Leptospirose en France métropolitaine. Eté 2003

Publié le 1 Mai 2004
Mis à jour le 5 juillet 2019

A la suite de différents signaux laissant suspecter une augmentation de cas de leptospirose en France métropolitaine et notamment en Dordogne, une surveillance renforcée de cette maladie a été mise en oeuvre par l'InVS avec les Cire et les Ddass concernées et une investigation des cas recensés par le CNR du 18 au 29 août 2003 et des cas signalés directement aux Ddass du 1er juin au 31 août a été menée. Les cas recensés ont été interrogés à l'aide d'un questionnaire standardisé comportant les aspects cliniques de la maladie et les expositions à des facteurs de risques connus de leptospirose au cours des trois semaines précédant le début de la maladie. Cette investigation a été complétée par la description des cas identifiés par le CNR de début à fin août 2003 et un bilan des cas identifiés par le CNR en France métropolitaine du 1er janvier au 31 août 2003 avec une comparaison avec les années antérieures. Parmi les 43 cas recensés, 39 (28 confirmés, 6 propables et 5 suspects) ont été investigués. Ces cas avaient présenté les premiers signes de leur leptospirose entre le début du mois de juin et la fin du mois d'août, 50 % d'entre eux entre le 11 et le 24 août. Trente-sept cas ont été hospitalisés et 2 personnes sont décédées (1 cas confirmé et 1 suspect). Parmi les 28 cas certains, 5 sérogroupes ont été identifiés majoritairement (62 %) Icterrohaemorrhagiae. Des cas groupés dans le temps ont été identifiés dans trois départements : l'Aube, les Ardennes et la Dordogne. Des lieux de baignades communs ou voisins ont été retrouvés dans l'Aube et dans les Ardennes et des mesures de contrôle (interdiction de baignade) ont été prises. En Dordogne, les cas signalés étaient dispersés dans le département; deux rivières ont été citées comme lieux de baignade par deux personnes mais en des points différents. Aucune exposition commune n'a été retrouvée pour les autres cas de ce département. L'étude des cas diagnostiqués par le CNR de juin à août 2003 n'a pas montré de cas groupés dans le temps ou dans l'espace autres que ceux des trois départements déjà cités. De plus les sérogroupes étaient très divers. Enfin, les résultats sur les facteurs de risques étaient en cohérence avec les résultats de l'étude sur les facteurs de risque de leptospirose en France métropolitaine. La comparaison du nombre de cas observés en 2003 par rapport aux vingts années antérieures n'est pas en faveur d'une recrudescence de la leptospirose au cours de l'été 2003. A la suite de ces investigations, il est apparu nécessaire de développer une méthode de détection des alertes à partir des données du CNR et un protocole d'investigation (épidémiologique et environnementale) des cas groupés. Un renforcement de la surveillance permettant de mieux connaître l'incidence et de détecter les cas groupés pourrait être mis en oeuvre dans les région à incidence élevée, comme l'Aquitaine. Elle permettrait en outre d'évaluer la pertinence et la faisabilité de l'inscription de la leptospirose sur la liste des maladies à déclaration obligatoire en complément à la surveillance réalisée par le CNR. Par ailleurs, une information pour le grand public sur la leptospirose et les moyens de prévention individuels pourrait être envisagée. (résumé éditeur)

Auteur : Capek I, Vaillant V
Année de publication : 2004
Pages : 28 p.