Les infections invasives à méningocoques en France en 2005

Publié le 5 December 2006
Mis à jour le 5 juillet 2019

En France, le suivi épidémiologique des infections invasives à méningocoques (IIM) repose sur l'analyse des données de signalement et de déclaration obligatoire (DO) complétée par les données de caractérisation microbiologique des souches invasives. En 2005, 748 cas d'IIM ont été notifiés ce qui correspond, après correction de la sous-notification, à un taux d'incidence de 1,5 cas pour 100 000 habitants. En 2005, 68 % des cas étaient âgés de moins de 20 ans. Les taux d'incidence les plus élevés étaient observés chez les moins de 1 an (19,6 pour 100 000), les 1-4 ans (5,2 pour 100 000) et les 14-19 ans (2,8 pour 100 000). Parmi les IIM pour lesquelles le sérogroupe était connu, 66 % appartenaient au groupe B, 25 % au groupe C, 5 % au groupe W135. Le nombre d'IIM B a augmenté de 16 % entre 2004 et 2005. Le nombre d'IIM C diminue depuis 2003. La présence d'un purpura fulminans était indiquée pour 29 % des cas. La létalité globale (11 %), stable depuis 2003, était plus élevée en présence (26 %) qu'en l'absence (4 %) de purpura fulminans (p<0,001). La létalité la plus élevée était observée chez les plus de 50 ans pour les IIM B (19 %), chez les moins de 1 an pour les IIM C (20 %). L'analyse des données depuis 2002 a montré un impact positif sur la létalité de l'injection d'antibiotique avant hospitalisation devant une suspicion de purpura fulminans (24 % versus 33 %, p=0,02). On a trouvé la notion de méningite [isolement du méningocoque dans le LCR, diplocoque gram négatif à l'examen direct, ou critères associés à un LCR évocateur de méningite bactérienne (pétéchies cutanées, antigènes solubles ou PCR positive)] chez 588 patients (78 %). La notion de bactériémie (isolement du méningocoque ou PCR positive dans le sang) ou de purpura fulminans a été également retrouvée chez 232 d'entre eux. Au total, après avoir progressivement augmenté entre 1996 et 2003, puis baissé en 2004, l'incidence des IIM a faiblement augmenté en 2005. Cette augmentation est essentiellement liée au sérogroupe B alors qu'une diminution de l'incidence du sérogroupe C est observée depuis 2003. (R.A.)

Auteur : Parent du Chatelet I, Taha MK
Bulletin Epidémiologique Hebdomadaire, 2006, n°. 49, p. 383-7