Recours au dépistage systématique des cancers parmi les personnes vivant avec le VIH suivies à l'hôpital en France métropolitaine. Résultats de l'enquête ANRS-Vespa2, 2011

Publié le 16 Février 2016
Mis à jour le 5 juillet 2019

Objectifs : un dépistage annuel du cancer du col est recommandé aux femmes séropositives pour le VIH, et tous les trois ans entre 25 et 64 ans en population générale. Pour le cancer du sein et le cancer colorectal, un dépistage tous les deux ans entre 50 et 74 ans est recommandé dans les deux populations. L'objectif était de décrire le recours au dépistage de ces cancers parmi les personnes vivant avec le VIH (PVVIH) en France, par rapport à la population générale. Méthodes : les niveaux de recours au dépistage déclarés pour les cancers du sein, du col et colorectal ont été estimés parmi les PVVIH suivies à l'hôpital dans l'enquête ANRS-Vespa2 (2011) et comparés à ceux de la population générale de même sexe, à l'aide de taux standardisés sur l'âge et par des régressions de Poisson ajustées sur l'âge, en utilisant les données du Baromètre cancer 2010 comme référence. Résultats : le taux de mammographie dans les deux ans standardisé sur l'âge rapporté par les femmes VIH+ était de 82,2% contre 88,0% en population générale (rapport de prévalence (RP) : 0,96, intervalle de confiance à 95% : [0,89-1,03]). Le taux de frottis dans les trois ans standardisé sur l'âge rapporté par les femmes VIH+ était de 88,2% contre 82,8% en population générale (RP: 1,06 [1,01-1,10]). Seules 76,0% des femmes VIH+ rapportaient un frottis dans l'année. Le taux de recherche de sang dans les selles (type Hemoccult®) dans les deux ans standardisé sur l'âge, rapporté par les femmes VIH+ était de 39,4% contre 43,3% en population générale (RP: 0,93 [0,75-1,15]), et de 44,5% chez les hommes VIH+ contre 45,6% en population générale (RP: 0,98 [0,85-1,14]). Conclusions : le recours au dépistage des cancers des PVVIH n'est pas plus faible qu'en population générale. Cependant, parmi les femmes VIH+, le dépistage du cancer du col est insuffisant eu égard aux recommandations spécifiques.

Auteur : Tron L, Lert F, Spire B, Dray Spira R, Groupe ANRS (Agence Nationale de Recherches sur le Sida et les hépatites virales) - VESPA2
Bulletin Epidémiologique Hebdomadaire, 2016, n°. 5-6, p. 80-8