Incidence de l'infection par le VIH en France, 2003-2008.

Publié le 30 Novembre 2010
Mis à jour le 10 septembre 2019

Introduction - En France, la surveillance des diagnostics d'infection par le VIH a intégré, dès sa mise en place en 2003, la détection des infections récentes. À partir du nombre de nouveaux diagnostics détectés durant l'infection récente par le VIH, et en tenant compte des comportements de dépistage, notre objectif était d'estimer l'incidence de l'infection par le VIH en France dans la période 2003-2008. Méthodes - Nous avons analysé les éclarations de séropositivité concernant les nouveaux diagnostics d'infection par le VIH parvenues à l'Institut de veille sanitaire entre janvier 2003 et décembre 2008. Les données manquantes ont été prises en compte par imputation multiple. Les patients ont été classés avec une infection récente ou non récente sur la base du test EIARI, calibré à partir d'échantillons de séroconverteurs suivis par la cohorte ANRSPRIMO. Nous avons adapté une approche par xtrapolation stratifiée pour calculer le nombre de nouvelles infections par le VIH chez les hommes ayant des relations sexuelles avec des hommes (HSH), les usagers de drogues injectables (UDI), et les hommes et les femmes étérosexuels, par nationalité. Les tailles de population ont été obtenues à partir du recensement et d'études comportementales au niveau national. Résultats - Le nombre de nouvelles infections par le VIH en 2008 est estimé à 6 940 [6 200-7 690], correspondant à un taux d'incidence du VIH de 17 pour 100 000 rsonnesannées. En 2008, on comptait 3 550 [3 040-4 050] nouvelles infections chez les hétérosexuels (taux d'incidence de 9 pour 100 000 personnes-années), 3 320 [2 830-3 810] chez les HSH (1 006 pour 100 000 personnes-années), et 70 [0-190] chez les UDI (86 pour 100 000 personnes-années). L'incidence globale du VIH a diminué entre 2003 et 2008, mais reste comparativement élevée et stable chez les HSH. Seulement 1% des nouvelles infections est attribuable à l'usage de drogue par injection. Conclusion - En France, la transmission du VIH affecte de façon disproportionnée certains groupes à risque et semble être incontrôlée dans la population HSH. L'incidence devra être suivie afin d'analyser la dynamique de transmission dans les différents groupes à risque et contribuer au ciblage et à l'évaluation de stratégies de prévention. (R.A.)

Auteur : Le Vu S, Le Strat Y, Barin F, Pillonel J, Cazein F, Bousquet V, Brunet S, Thierry D, Semaille C, Meyer L, Desenclos JC
Bulletin Epidémiologique Hebdomadaire, 2010, n°. 45-46, p. 473-6