Staphylococcus aureus de sensibilité diminuée aux glycopeptides (GISA). Dans les hôpitaux en France, 2000-2001

Publié le 1 Mai 2004
Mis à jour le 10 septembre 2019

La présence de souches de Staphylococcus aureus de sensibilité intermédiaire aux glycopeptides (GISA) isolées chez des patients hospitalisés en France a été signalée à l'Institut de veille sanitaire en 1999 et nécessitait d'évaluer l'ampleur du problème. En 2000-2001, une étude a été réalisée pour estimer l'incidence des GISA et leur proportion au sein des S. aureus résistants à la méticiline (SARM). Elle a été conduite par les CClin et l'InVS dans le cadre du Réseau d'alerte, d'investigation et de surveillance des infections nosocomiales (RAISIN). Un module optionnel GISA a été proposé aux laboratoires hospitaliers participant aux réseaux de surveillance interrégionale des bactéries multirésistantes (BMR) des CClin. Pendant un mois, à chaque premier isolat de SARM d'un prélèvement à visée diagnostique chez un patient, un protocole bactériologique standardisé suivant les recommandations CA-SFM a permis de dépister les souches suspectes d'être des GISA (SARM cultivant sur milieu de Mueller-Hinton contenant 5 mg/L de teicoplanine) et de confirmer leur caractère GISA (Concentration Minimale Inhibitrice et/ou de vancomycine de la souche > 4 mg/L). Pour chaque souche de SARM incluse, un questionnaire standardisé était rempli. Cent soixante cinq établissements volontaires, représentant 40 % des lits d'hospitamisation publics français ont inclus 2066 patients chez lesquels un SARM avait été isolé. Parmi les 2 066 souches, 45 (2,2 %) souches étaient de sensibilité intermédiare à la teicoplanine (CMI médiane 8 mg/L, extrêmes 6-16 mg/L) et sensibles à la vancomycine, L'incidence des cas GISA certains était de 2,3/100 000 Jours d'Hospitalisation (JH)- IC 95 % [1,7-3,0]. Un quart des GISA était isolé de prélèvements à haute valeur diagnostique et 71 % (32/45) étaient déclarés comme des souches acquises dans l'établissement. l'analyse des profils de sensibilité aux antiobiotiques montre que la plupart des souches sont issues du clone de S. aureus résistant homogène à la méticiline et résistant à la gentamicine à l'origine des épidémies dans les hôpitaux jusqu'en 1995. La pression de sélection par les glycopeptides sur une longue période a sans doute contribué à ce phénomène ? Cette étude confirme la présence en France en 2000-2001 de cas GISA, sur un échantillonnage représentatif en nombre et en localisation géograpique de patients colonisés à SARM. (R.A.)

Auteur : Aubry Damon H, Carbonne A, Marty N, Jarlier V
Année de publication : 2004
Pages : 35 p.