Infections à Staphylococcus aureus résistant à la méticilline (Sarm) dans les établissements de santé, France, 2005-2008. Analyse épidémiologique des données transmises dans le cadre des bilans standardisés des activités de lutte contre les infections nosocomiales

Publié le 1 December 2009
Mis à jour le 5 juillet 2019

Staphylococcus aureus résistant à la méticilline (Sarm) est une bactérie multirésistante aux antibiotiques fréquemment en cause dans les infections nosocomiales (IN). Malgré les progrès observés depuis 15 ans, la lutte contre les IN à Sarm reste une priorité du programme national de prévention des IN. Depuis 2005, les établissements de santé (ES) rapportent au ministère, dans le cadre des bilans standardisés de la lutte contre les IN, le nombre de patients chez lesquels au moins une souche de Sarm est isolée dans l'année au sein d'un prélèvement diagnostique ; le nombre de journées d'hospitalisation (JH) est extrait des statistiques annuelles de ces ES. De 2005 à 2008, l'incidence des Sarm a diminué de 0,55 à 0,44 cas pour 1 000 JH (-12 % après ajustement sur la catégorie d'ES et la région). L'incidence des Sarm était la plus élevée dans les centres hospitaliers (CHRU ou CH) et la plus faible dans les cliniques privées (MCO) et les centres de soins de suite et réadaptation ou de longue durée (SSR/SLD). Sa diminution concernait surtout les CHR/CHU (-9,6 % par an), les CH=300 lits (-7,1 % par an), les CH<300 lits (-5,5 % par an) et les SSR/SLD (-4,1 % par an). Par région, l'incidence des Sarm variait de 0,19 à 0,80 cas pour 1 000 JH ; elle était la plus élevée dans les régions Limousin, Picardie et Nord-Pas-de-Calais, et la plus basse en région Pays de la Loire et dans les DOM sauf à la Martinique ; six régions présentaient une tendance significative à la diminution et aucune ne présentait de tendance à l'augmentation. Cette étude confirme la diminution de l'incidence des Sarm en France, déjà attestée par plusieurs études (enquêtes de prévalence, réseau BMR-Raisin, réseau EARSS). Son niveau et sa dynamique dans le temps varient toutefois selon les catégories d'ES et les régions, ce qui suggère d'en étudier les déterminants pour mieux cibler les programmes de prévention. (R.A.)

Auteur : Coignard B, Rahib D
Année de publication : 2009
Pages : 40 p.