Réseau européen de surveillance de la résistance bactérienne aux antibiotiques (EARS-Net) : résultats 2001-2010 pour la France et place en Europe

Publié le 1 Février 2013
Mis à jour le 9 septembre 2019

La France participe, depuis 2001, à la surveillance européenne de la résistance aux antibiotiques de Staphylococcus aureus, Escherichia coli et Klebsiella pneumoniae dans les bactériémies (European Antimicrobial Resistance Surveillance System [EARSS]) à travers plusieurs réseaux de laboratoires fédérés dans l'Observatoire national de l'épidémiologie de la résistance bactérienne aux antibiotiques (Onerba). La proportion de souches résistantes à la méticilline chez S. aureus (SARM) a diminué de 2001 à 2010 (33,2 à 21,5 %). Cette diminution s'est produite aussi bien pour les bactériémies diagnostiquées pendant les deux premiers jours après l'admission (25 à 17 %), que dans les bactériémies tardives pendant la deuxième semaine (34 à 25 %), troisième semaine (45 à 27 %) ou plus tard (53 à 36 %). La proportion de souches résistantes aux céphalosporines de troisième génération (C3G) chez E. coli est restée stable de 2002 à 2005 (environ 2 %), mais a augmenté depuis (8,6 % en 2010), deux tiers de ces souches ayant été détectées productrices de ®-lactamases à spectre étendu (BLSE). L'augmentation a été plus forte dans les bactériémies tardives : 2 à 7 % pendant les deux premiers jours après l'admission, mais 2 à 13 % pendant la troisième semaine et 4 à 15 % au-delà. En 2010, la proportion de souches résistantes était la plus élevée en réanimation (13,2 %) et la plus faible en gynécologie-obstétrique (1,5 %). La proportion de souches résistantes aux C3G chez K. pneumoniae a augmenté de 2005 à 2010 (4,9 % à 19,3 %), trois quarts de ces souches ayant été détectées productrices de BLSE. L'augmentation a été plus forte dans les bactériémies tardives : 3 à 13 % pendant les deux premiers jours, mais 4 à 28 % pendant la troisième semaine et 13 à 33 % au-delà. Les proportions de résistance aux C3G étaient particulièrement élevées en réanimation (38 %) en 2010. Les résultats de l'EARSS montrent que la France : fait partie du petit nombre de pays où la proportion de SARM chez S. aureus a nettement diminué ces dernières années ; occupait, en 2010, une situation médiane pour la résistance de E. coli aux C3G, cependant, moins favorable qu'elle ne l'était en 2008, en raison d'une augmentation plus forte que dans les pays scandinaves ; et était dans une situation défavorable pour la résistance de K. pneumoniae aux C3G, puisqu'elle est passée du cinquième au 15e rang en Europe entre 2005 et 2010. Cela suggère un contrôle insuffisant de la diffusion de ce type de résistance (majoritairement lié aux BLSE) chez ces deux espèces.

Auteur : Trystram D, Chardon H, Pean Y, Delarbre JM, Costa Y, Maugat S, Coignard B, Jarlier V
Journal de pédiatrie et de puériculture, 2013, vol. 26, n°. 1, p. 73-8