Progression importante des infections à gonocoques en France : données des réseaux Rénago et RésIST au 31 décembre 2009. Numéro thématique. Infections sexuellement transmissibles : il faut poursuivre la surveillance

Publié le 5 Juillet 2011
Mis à jour le 5 juillet 2019

Introduction - L'analyse des données de surveillance permet de décrire l'épidémiologie des infections à gonocoques en France en termes de tendance temporelle entre 1996 et 2009 et de décrire les caractéristiques des malades et des souches de gonocoque en 2009. Méthodes - Les laboratoires participant volontairement au réseau Rénago envoient les souches isolées au Centre national de référence (CNR) des gonocoques, accompagnées d'une fiche d'informations épidémiologiques pour chaque patient. Le CNR teste la sensibilité des gonocoques à six antibiotiques. Le nombre moyen de gonocoques isolés par an et par laboratoire actif (Ng/lab/an) permet le suivi de l'évolution des gonococcies. Depuis 2004, le réseau de cliniciens RésIST envoie à l'InVS des questionnaires avec les données cliniques, thérapeutiques et comportementales documentées de chaque patient. Résultats - Le Ng/lab/an est en nette progression (+52%) entre 2008 (4,16 Ng/lab) et 2009 (6,32 Ng/lab), et ce pour les deux sexes et dans l'ensemble des régions. En 2009, le nombre de gonocoques isolés était toujours plus élevé chez l'homme (5,5 Ng/lab vs. 0,78 Ng/lab chez la femme) et en Île-de-France (16,0 Ng/lab vs. 4,5 Ng/lab dans les autres régions). Le nombre de cas déclarés chez les hommes ayant des rapports avec des hommes (63%) est toujours supérieur au nombre de cas déclarés chez les hétérosexuels (38%). Les proportions de souches avec une diminution de la sensibilité à la ceftriaxone ont augmenté de 8,7% en 2007-2009, et de 8% en 2008-2009 pour la cefixime. Conclusion - L'analyse des données sur les infections à gonocoques confirme leur progression chez l'homme et la femme quelle que soit l'orientation sexuelle, justifiant de rester vigilant. Ces tendances reflètent la progression des comportements sexuels à risque. Cette constatation laisse présager l'augmentation de la transmission d'IST plus graves, notamment du VIH et des hépatites B dans les populations les moins averties de la nécessité de se protéger. Dans ce contexte, l'émergence de souches de sensibilité réduite aux céphalosporines en France, dernier rempart du traitement en monothérapie, doit alerter sur la nécessité de renforcer l'information concernant les bonnes pratiques de prise en charge probabiliste de ces infections. (R.A.)

Auteur : Nguyen E, Bouyssou A, Lassau F, Basselier B, Sednaoui P, Gallay A
Bulletin Epidémiologique Hebdomadaire, 2011, n°. 26-27-28, p. 301-4