Modalités de surveillance : mobilisation collective

Mis à jour le 20 Mai 2019

Une mobilisation collective

En France, un rapport de l'observatoire national des prescriptions et consommations de médicaments dans les secteurs ambulatoire et hospitalier publié en juin 1998 rapportait pour la première fois l'importance des prescriptions antibiotiques inopinées pour le traitement des infections respiratoires en médecine ambulatoire. Il soulignait également les conséquences graves de l'usage excessif des antibiotiques en termes de résistance bactérienne et de coût pour la société ("Etude de la prescription et de la consommation des antibiotiques en ambulatoire"). Ce rapport a inspiré les premiers programmes gouvernementaux français sur le sujet. Il a conduit fin 1998 Santé publique France (à l'époque Institut de veille sanitaire - InVS) à coordonner un groupe d'experts pour élaborer des propositions d'actions pour la maitrise de la résistance bactérienne aux antibiotiques. Plusieurs de ces propositions ont été reprises dans les plans antibiotiques (plan 2001-2005 / plan 2007-2010 / plan 2011-2016). Le 22 décembre 2014, la ministre de la santé a mis en place un groupe de travail spécial sur la préservation des antibiotiques. Ce groupe a rendu son rapport à la ministre le 23 septembre 2015. Fin 2016, une feuille de route " Antibiorésistance " a été établie par le Ministère en charge de la santé afin de mettre en œuvre les principales mesures préconisées dans ce rapport.

Aujourd'hui, les moyens regroupés sous l'égide de Santé publique France ont doté la France d'une capacité à détecter rapidement l'apparition de nouvelles formes de résistances, à identifier des liens avec ce qui est observé en santé animale pour certaines bactéries et à surveiller et contrôler une épidémie. À travers Santé publique France et ses partenaires, la contribution de la France à la surveillance européenne de la résistance aux antibiotiques en santé humaine (European Antimicrobial Resistance Surveillance Network, EARS-Net) souligne son implication au-delà de nos frontières s dans la maitrise de la résistance aux antibiotiques.

En Europe enfin, le centre européen de prévention et de contrôle des maladies (ECDC) a créé le 18 novembre 2008 la première "journée européenne de sensibilisation au bon usage des antibiotiques "autour du message : "des antibiotiques si nécessaire" ("only when necessary"). Cette journée reconduite chaque année a pour objectif de sensibiliser les professionnels de santé et le grand public aux risques associés à la surconsommation ou à l'usage inapproprié des antibiotiques. En France, cette journée est relayée par le ministère de la santé, Santé publique France et ses partenaires.

Dans le cadre des actions menée en France pour sensibiliser les professionnels et le grand-public, depuis 2014, un document de synthèse est publié conjointement par Santé publique France et l'ANSM et regroupe les données de l'évolution récente de la résistance bactérienne aux antibiotiques et de la consommation d'antibiotiques en France en santé humaine. Ce document intitulé " Consommations d'antibiotiques et résistance aux antibiotiques en France " est actualisé chaque année. Depuis 2016, ce document inclut également des données françaises de résistance aux antibiotiques et de consommation d'antibiotiques en santé animale. Il s'inscrit doncdans la perspective de santé globale " One health " impulsée par l'OMS et relayée par la mission interministérielle " résistance aux antibiotiques " et mise en œuvre fin 2015 dans les suites du rapport intitulé " Tous ensemble, sauvons les antibiotiques ! ". Les indicateurs de prescriptions d'antibiotiques, issus du suivi de la Rémunération sur Objectifs de Santé Publique (ROSP), assuré par l'Assurance Maladie ont enrichi ce document en 2017 Et, en 2018, il inclut pour la première fois des données relative à la présence d'antibiotiques et de bactéries résistantes aux antibiotiques dans l'environnement.