Facteurs de bonnes pratiques du signalement externe des infections nosocomiales : une enquête qualitative, France, 2009.

Publié le 26 Avril 2011
Mis à jour le 10 septembre 2019

Si la plus-value du signalement des infections nosocomiales (SIN) en termes de sécurité sanitaire a été démontrée, plusieurs évaluations ont montré que son fonctionnement n'était pas optimal. Une évaluation qualitative a donc été conduite en 2009 pour mieux comprendre la dynamique du SIN dans les établissements de santé (ES). Elle était basée sur des observations et entretiens semi-directifs auprès de professionnels de santé de 12 ES des interrégions Ouest et Sud-Ouest et de quelques experts nationaux. L'étude a mis en évidence des dynamiques de signalement variées, organisées autour du président du Comité de lutte contre les infections nosocomiales (Clin) et des équipes opérationnelles d'hygiène (EOH) mais faiblement intégrées à la gestion des risques. Les freins au signalement externe (SE) étaient d'abord ceux du signalement interne (SI) à l'EOH : discussion du caractère nosocomial de l'infection, faible implication des cliniciens ou des personnels paramédicaux, représentation négative du système ou insatisfaction de certaines EOH. Le système de SE était considéré comme peu lisible et manquant d'outils adaptés. Plusieurs facteurs paraissaient à l'inverse faciliter les bonnes pratiques de signalement : existence de professionnels motivés, proximité des EOH avec les services de soins, automatisation des alertes au sein des ES ou acceptation des démarches qualité. L'étude suggère des pistes d'amélioration : accroître la lisibilité du dispositif en clarifiant ses objectifs et circuits, adapter sa déclinaison aux réalités de terrain, préciser la définition d'infection nosocomiale, renforcer les formations à destination des ES et développer des espaces d'échanges entre professionnels. La mise en uvre de retours d'expérience formalisés (REX)et la dématérialisation du signalement (e-SIN) vont dans ce sens. (R.A.)

Auteur : Quelier C, Jarno P, Senechal H, Dumartin C, Jouzeau N, Bernet C, Carbonne A, Poujol I, Aupee M, Coignard B
Bulletin Epidémiologique Hebdomadaire, 2011, n°. 15-16-17, p. 197-200