Enquête nationale de prévalence des infections nosocomiales. Résultats dans la population des sujets de 65 ans et plus, France, 2006. Numéro spécial : Bilans réguliers de surveillance - Maladies infectieuses

Publié le 25 Août 2009
Mis à jour le 5 juillet 2019

En France, une enquête nationale de prévalence (ENP) des infections nosocomiales (IN) est menée tous les 5 ans depuis 1996. Elle est organisée par le Réseau d'alerte d'investigation et de surveillance des infections nosocomiales (Raisin), partenariat entre l'Institut de veille sanitaire (InVS) et les 5 Centres de coordination de lutte contre les infections nosocomiales (CClin). Il s'agit d'une enquête " un jour donné " proposée à tous les établissements de santé publics ou privés ; elle inclut tous les patients sauf ceux hospitalisés le jour de l'enquête, en hôpital de jour ou en hospitalisation à domicile. L'objectif de cette analyse était de décrire la prévalence des IN dans la population des patients âgés de 65 ans et plus. Sur les 358 353 patients recensés lors de cette enquête, 199 716 (55,6 %) avaient 65 ans et plus. Ils étaient hospitalisés principalement en centres hospitaliers généraux (CHG : 42,5 %) ou centres hospitaliers régionaux ou universitaires (CHRU : 17,1 %). Dans cette population, la prévalence des infectés était de 6,1 % (3,5 % chez les moins de 65 ans). Les trois sites anatomiques les plus fréquents étaient les infections du tractus urinaire (prévalence : 2,45 %), les pneumopathies (0,94 %), les infections du site opératoire (0,77 %) ou de la peau ou des tissus mous (0,71 %). Les trois micro-organismes les plus fréquemment isolés étaient Escherichia coli, Staphylococcus aureus et Pseudomonas aeruginosa. La baisse de la prévalence des patients infectés entre 2001 et 2006 était estimée chez les patients de 65 ans et plus à 16 %, plus importante que celle observée sur l'ensemble des patients inclus et suggérant un impact des programmes de lutte contre les infections nosocomiales dans cette population. La prévalence des IN reste toutefois élevée en soins de suite et de réadaptation et nécessite de mettre en place des études et programmes spécifiques d'action dans ce secteur de soins.(R.A.)

Auteur : Lietard C, Lejeune B, Rothan Tondeur M, Metzger MH, Thiolet JM, Coignard B
Bulletin Epidémiologique Hebdomadaire, 2009, n°. 31-32, p. 344-8