Hépatites B et D

Infections virales du foie pouvant être très sévères, les hépatites B et D sont transmises par voie sexuelle, sanguine et materno-foetale. La vaccination et le dépistage sont les piliers de la prévention.

Mis à jour le 24 septembre 2019

Hépatites B et Delta : notre action

En 2016, en population générale métropolitaine, 135 700 personnes seraient porteuses chroniques du VHB, dont 17,5% (IC95% : 4,9-46,4) ignoreraient leur infection. Ces personnes porteuses chroniques de ces virus peuvent développer à moyen ou long terme, dans 2 à 10% des cas, une cirrhose ou un carcinome hépatocellulaire. Environ 4% des personnes ayant une hépatite chronique B seraient porteuses d’anticorps anti-VHD.
Pour Santé publique France, l’enjeu est d’assurer la surveillance épidémiologique des hépatites B et Delta et d’en favoriser la prévention et le dépistage, notamment en sensibilisant les personnes à risque élevé d’infection. 

La surveillance épidémiologique de l’hépatite B

La surveillance épidémiologique réalisée par Santé publique France repose sur des systèmes de surveillance pérennes (déclaration obligatoire, réseaux de cliniciens ou de laboratoires de biologie médicale), des études auprès de la population générale et des populations exposées, l’analyse des bases médico-administratives (notamment des bases de l’Assurance maladie et du PMSI) et sur des modélisations. Santé publique France produit différents indicateurs épidémiologiques : prévalence, incidence, activité de dépistage, prise en charge, mortalité, couverture vaccinale.

Prévalence

Des estimations de la prévalence de l’hépatite chronique B sont réalisées en population générale et dans des populations spécifiques. 

En population générale

En 2004, une enquête nationale de prévalence des hépatites B et C a été conduite en population générale adulte (18-80 ans) en France métropolitaine auprès d’un échantillon aléatoire d’assurés sociaux et leurs ayants droit affiliés au régime général de sécurité sociale. 

En 2016, une nouvelle estimation de prévalence de l’hépatite chronique B en population générale adulte (18-75 ans) vivant en France métropolitaine a été réalisée à partir de BaroTest et du Baromètre santé 2016. BaroTest est un volet virologique du Baromètre santé 2016, basé sur un autoprélèvement de sang déposé sur buvard réalisé à domicile, portant sur le VHB, le virus de l’hépatite C (VHC) et le virus de l'immunodéficience humaine (VIH). Le Baromètre santé 2016 est une enquête téléphonique menée auprès d’un échantillon représentatif de la population des 15-75 ans résidant en France métropolitaine.

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En populations spécifiques

Des estimations de prévalence de l’hépatite chronique B sont également réalisées dans les populations spécifiques suivantes :

  • Les femmes enceintes à partir des données 2011 de l’Étude longitudinale française depuis l’enfance, (ELFE) en maternités et de l’Enquête nationale périnatale (ENP) 2016,
  • Les afro-caribéens d’Ile-de-France à partir de l’enquête AfroBaromètre 2016, enquête transversale et anonyme menée dans des lieux communautaires d’intervention de l’association Afrique Avenir, en milieu ouvert (sorties de gare/métro, marchés) ou fermé (discothèques, salles des fêtes, salons de coiffure, lieux de culte),
  • Les hommes ayant des relations sexuelles avec des hommes (HSH) fréquentant des lieux de convivialité gay à partir de l’enquête Prévagay 2015, enquête transversale anonyme, menée auprès des HSH fréquentant les bars, saunas et backrooms de cinq villes françaises (Paris, Lille, Lyon, Montpellier et Nice) en 2015,
  • Les usagers de drogues à partir de l’enquête ANRS-Coquelicot 2011-2013, enquête épidémiologique transversale et anonyme, menée auprès d’usagers de drogues recrutés dans des structures de prise en charge et de réduction des risques, dans cinq agglomérations (Lille, Strasbourg, Paris, Bordeaux et Marseille) et deux départements (Seine-Saint-Denis et Seine-et-Marne).
  • La population hospitalière à partir des données du Programme de médicalisation des systèmes d'information (PMSI). 

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Enquête nationale périnatale - Rapport 2016

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Infections VIH et VHB parmi les Afro-Caribéens d'Île-de-France : des prévalences élevées et des dépistages insuffisants.

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12/06/2019

Hepatitis B virus in drug users in France: prevalence and vaccination history, ANRS-Coquelicot Survey 2011-2013.

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Prévalence, morbidité et mortalité associées aux hépatites B et C chroniques dans la population hospitalisée en France, 2004-2011

Diagnostics d’hépatite B aiguë

  • Déclaration obligatoire de l’hépatite B aiguë 

La déclaration obligatoire de l’hépatite B aiguë a été mise en place en mars 2003.  

Elle a pour objectifs de décrire les caractéristiques des personnes nouvellement infectées et d’en suivre l’évolution afin d’évaluer l’impact de la politique de prévention. Son but est également d’identifier les cas groupés ou des modes de contamination inhabituels. 

Est à notifier toute personne chez laquelle sont détectées pour la première fois : 

  • Les IgM anti-HBc ;
  • L’Ag HBs et les anticorps anti-HBc totaux dans un contexte d’hépatite B aiguë (augmentation importante des ALAT avec ou sans ictère), si les IgM anti-HBc sont non testées ;

Sont à exclure : le portage chronique de l’Ag HBs et la réactivation d’une hépatite B chronique avec IgM anti-HBc positives. 

La fiche de notification est auto-copiante, non photocopiable et non téléchargeable (pour info, spécimen consultable ici). Les fiches sont à demander par les déclarants auprès de l’Agence régionale de santé (ARS) de leur lieu d’exercice.

La notification est initiée par le biologiste selon les critères ci-dessus. Le médecin prescripteur complète ensuite le feuillet 2 de la fiche, en indiquant, s’il en a connaissance, un antécédent d’hépatite B chronique (avec ou sans réactivation), et adresse ce feuillet 2 au MISP de l’ARS sans remplir les autres.

  • Estimation du nombre de diagnostics d’hépatite B aiguë 

Entre 2004 et 2007, le nombre de diagnostics d’hépatite aiguë B en France était estimé à partir du nombre de cas déclarés dans le cadre de la DO et de son taux d’exhaustivité estimé en 2005. 

Depuis 2010, en raison de la faible exhaustivité de la DO de l’hépatite B aiguë, l’estimation du nombre de diagnostics d’hépatite aiguë B en France est réalisée à partir des enquêtes triennales LaboHep, réalisées auprès d’échantillons aléatoires de laboratoires de biologie médicale publics et privés. Cette enquête comporte un volet sur le diagnostic des hépatites B aiguës et un volet sur l’activité de dépistage des anticorps anti-VHC et de l’Ag HBs

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Surveillance de l’activité de dépistage et de diagnostic de l’hépatite B

La surveillance de l’activité de dépistage repose actuellement sur : 

  • L’enquête nationale LaboHep. Cette enquête transversale rétrospective a été mise en place en 2010, en remplacement du réseau de laboratoires volontaires RenaVHC/B. Elle est renouvelée tous les 3 ans auprès d’un échantillon de laboratoires d’analyses de biologie médicale (LABM) participants tiré au sort à partir d’une base de sondage constituée de l'ensemble des laboratoires (publics et privés). Les indicateurs sont estimés à partir de l’échantillon aléatoire pour l’ensemble des laboratoires de France, en prenant en compte le plan de sondage et en effectuant un redressement par post-stratification sur l’activité de l’ensemble des laboratoires français.  L’objectif de cette enquête nationale est d’estimer sur la France entière, par région et par département, le nombre de prélèvements réalisés pour recherche de l'Ag HBs et le nombre de prélèvements confirmés positifs pour l'Ag HBs pour la première fois dans le laboratoire dans l'année, et de décrire les caractéristiques socio-démographiques des personnes diagnostiquées AgHBs positives. 

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  • L’analyse des données de remboursement de l’Assurance Maladie. Elles proviennent du SNDS (Système national des données de santé), qui permet de disposer des données de l’ensemble des régimes d’Assurance maladie et pour la France entière. Les données utilisées pour le suivi de l’activité de dépistage de l’AgHBs concernent uniquement les actes de biologie réalisés en ambulatoire ou lors d’une hospitalisation dans un établissement de santé privé à but lucratif (elles ne couvrent pas les actes réalisés dans les établissements publics de santé en hospitalisation ou en consultations externes).
  • Les données d’activité des CeGIDD (Centres gratuits d’information, de dépistage et de diagnostic du VIH, des hépatites virales et des IST) qui regroupent depuis le 1er janvier 2016 les CDAG (Consultations de dépistage anonyme et gratuit) et les Ciddist (centres d’information, de dépistage et de diagnostic des Infections sexuellement transmissibles).

En dehors de ces données sur l’activité de dépistage, des enquêtes en population générale (Baromètre santé, KABP) et en populations spécifiques (AfroBaromètre 2016) permettent d’estimer les proportions de personnes ayant déclaré des antécédents de dépistage.
Des enquêtes telles l’enquête en maternités de ELFE (Étude longitudinale française depuis l’enfance) ou l’ENP (Enquête nationale périnatale) permettent de documenter la fréquence de réalisation du dépistage prénatal de l’hépatite B (dépistage obligatoire).
Les enquêtes de prévalence permettent d’estimer la proportion de personnes infectées connaissant leur statut.

Estimation de la couverture vaccinale anti-VHB

L’estimation de la couverture vaccinale en population générale et en populations spécifiques repose sur des enquêtes et l’exploitation des données du SNDS.

Données sur la prise en charge de l’hépatite chronique B

  • Données sur les Affections de longue durée

Les personnes ayant une infection chronique par les virus des hépatites B et C, peuvent, sous certaines, conditions, bénéficier du dispositif des Affections de longue durée (ALD) des régimes d’Assurance maladie au titre de l’ALD6 (Maladies chroniques actives du foie et cirrhoses). Ce dispositif permet, sur demande du médecin traitant et dans le cadre d’un protocole de soins, l’exonération du ticket modérateur pour les actes et prestations nécessités par le traitement de l’affection. 

Relèvent d'une exonération du ticket modérateur, les hépatites chroniques virales B présentant une positivité de l'Ag HBs et : 

  • Des signes de réplication virale active : ADN VHB > 2 000 UI/ ml ou une élévation même occasionnelle de l'activité des transaminases
  • La nécessité d'un traitement antiviral ou d'un suivi prolongé.  

L'exonération est accordée pour une durée initiale de deux ans, renouvelable si le patient reçoit un traitement antiviral. 

A télécharger :  

Les analyses portant sur le nombre de personnes bénéficiant de l’ALD 6 pour une hépatite chronique B (codes B180, B181) au 31 décembre d’une année donnée sont réalisées à partir des données individuelles du SNDS (Système national des données de santé).

  • Données sur les hospitalisations

L’analyse des données du Programme de médicalisation des systèmes d'information (PMSI) permet le suivi de la morbidité hospitalière associée à l’hépatite chronique B  : évolution du nombre de personnes hospitalisées avec un diagnostic d’hépatite chronique B, de leurs caractéristiques socio-démographiques, de la fréquence de leurs complications (cirrhose, carcinome hépatocellulaire) et des comorbidités repérables dans le PMSI.

  • Surveillance nationale de l’hépatite B chronique à partir des pôles de référence et réseaux hépatites volontaires

Cette surveillance, basée sur le réseau de surveillance  des pôles de référence volontaires (mis en place en 2000 pour la surveillance de l’hépatite C), a recueilli des données sur l’hépatite chronique B de 2008 à 2012.  

L’objectif principal de cette surveillance était de décrire les caractéristiques épidémiologiques, cliniques, biologiques et virologiques des personnes nouvellement prises en charge pour une hépatite chronique B par les pôles de référence. 

Un cas était défini comme un patient âgé de plus de 18 ans consultant ou hospitalisé pour la première fois (premier contact) pour un AgHBs positif à partir du 1er janvier 2008 dans les pôles de référence et réseaux hépatites participants.  

Elle comportait un recueil de données épidémiologiques, cliniques, biologiques et virologiques par questionnaire et un volet virologique consistant en l’envoi de prélèvements  au CNR des hépatites B, C et Delta.

L’objectif de cette surveillance virologique était d’établir une cartographie des génotypes du VHB en France et d’évaluer la prévalence de la résistance primaire du VHB aux antiviraux.

Un programme de surveillance épidémiologique des conséquences de l’hépatite B

Santé publique France, en lien avec le réseau des registres des cancers (Francim) et l’Institut national du cancer (Inca), assure la surveillance épidémiologique du cancer primitif du foie. Ce type de cancer (carcinome hépatocellulaire) peut être une complication de l’atteinte hépatique chronique due au VHB.

Mortalité

  • En 2004-2005, une enquête nationale a été réalisée à partir d’un échantillon aléatoire de certificats de décès auprès des médecins certificateurs pour estimer la mortalité liée à l’hépatite B en France métropolitaine en 2001.
  • L’analyse des données du Programme de médicalisation des systèmes d'information (PMSI) permet d’estimer la mortalité intra-hospitalière associée à l’hépatite B. 

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article 1/07/2008

Estimation nationale de la mortalité associée et imputable à l'hépatite C et à l'hépatite B en France métropolitaine en 2001

article 13/05/2014

Prévalence, morbidité et mortalité associées aux hépatites B et C chroniques dans la population hospitalisée en France, 2004-2011

Autres sources de données 

Des actions de prévention contre les hépatites B et D

Santé publique France participe à la promotion de la vaccination à travers plusieurs outils (site internet, campagne de promotion, brochures…). Un site d’information sur les différentes vaccinations disponibles en France est mis en place, afin de répondre de façon fiable et scientifiquement validée aux questions que peuvent se poser la population et les professionnels de santé sur le sujet. 
Une rubrique consacrée à la vaccination contre l’hépatite B est disponible dans deux espaces dédiés : l’un est destiné au grand public et l’autre destiné aux professionnels de santé, pour mieux les accompagner dans leur pratique.

Des campagnes destinées à promouvoir la santé sexuelle ont également été mise en place par Santé publique France.