Surveillance épidémiologique des donneurs de sang et risque résiduel de transmission du VIH, de l'HTLV, du VHC et du VHB par transfusion en France entre 2008 et 2010. Numéro thématique. Don de sang : surveillance du risque infectieux et sécurité transfusionnelle

Publié le 23 Octobre 2012
Mis à jour le 5 juillet 2019

Introduction. La surveillance épidémiologique nationale des donneurs de sang a pour objectifs de suivre la prévalence et l'incidence des infections transmissibles par le sang (VIH, HTLV, VHC et VHB), de repérer les facteurs de risque et d'évaluer le risque résiduel de transmission de ces infections par transfusion. Elle concourt également à l'évaluation de la sélection des donneurs. Cet article présente les données de la période 2008-2010. Méthodes. Les taux de prévalence ont été calculés chez les nouveaux donneurs et les taux d'incidence chez les donneurs connus ayant donné au moins deux fois sur la période 2008-2010. Le risque résiduel a été estimé à partir du modèle " taux d'incidence/période fenêtre ". Résultats. Sur la période 2008-2010, le taux de prévalence de l'Ag HBs (7,3 pour 104 nouveaux donneurs) était 1,9 fois plus élevé que celui du VHC (3,8 pour 104), 9 fois supérieur à celui de l'HTLV (0,81 pour 104) et 20 fois plus élevé que celui du VIH (0,37 pour 104). Inversement, c'est pour le VIH que l'incidence était la plus élevée (1,05 pour 105 donneurs-années), mais les taux sont plus proches : 0,72 pour 105 pour le VHB, 0,53 pour 105 pour le VHC et 0,19 pour 105 pour l'HTLV. Le risque résiduel de transmettre ces infections par transfusion a été estimé sur la période 2008-2010 à 1/1 350 000 dons pour le VHB, 1/2 900 000 pour le VIH, 1/3 700 000 pour l'HTLV et 1/7 000 000 pour le VHC. Conclusion. Grâce à l'amélioration constante de la sélection des donneurs, aux progrès réalisés dans la qualification biologique des dons et aux mesures de prévention prises dans la population générale pour prévenir ces infections, le risque de transmission du VIH, de l'HTLV, du VHC et du VHB par transfusion est devenu très faible depuis une dizaine d'années. Ces résultats confirment que la sécurité virale des produits sanguins labiles est aujourd'hui optimale, message qui doit être largement diffusé auprès des patients transfusés et des donneurs de sang. (R.A.)

Auteur : Pillonel J, Legrand D, Sommen C, Laperche S
Bulletin Epidémiologique Hebdomadaire, 2012, n°. 39-40, p. 438-42