Pratiques de dépistage des hépatites virales par les médecins généralistes, France, 2009. Numéro spécial. Dépistage des hépatites B et C en France : état des lieux et perspectives

Publié le 25 Mai 2011
Mis à jour le 10 septembre 2019

Introduction : En France, environ 500 000 adultes seraient infectés de façon chronique par une hépatite virale B ou C et près de la moitié d'entre eux ignoreraient leur statut sérologique. Renforcer le dépistage des hépatites virales constitue ainsi une des priorités du plan national de lutte contre les hépatites B et C 2009-2012. Le rôle des médecins généralistes (MG) dans ce dépistage étant essentiel, il est nécessaire de pouvoir suivre l'évolution de leurs pratiques en la matière pour adapter les informations à leur apporter. Méthode : L'enquête a été réalisée entre les mois de novembre 2008 et janvier 2009 auprès d'un échantillon constitué par sondage aléatoire : 2083 médecins généralistes exerçant une activité libérale ont été interrogés par téléphone ou par internet. Résultats : Les habitudes de prescription par les MG du dépistage du VHC varient en fonction des groupes de personnes à risque : fréquemment proposé aux utilisateurs de drogues par voie intraveineuse (Udiv) et aux personnes transfusées avant 1992, le dépistage du VHC est moins souvent proposé aux personnes ayant subi un acte chirurgical invasif, aux personnes tatouées ou ayant un piercing, même si chez ces dernières une augmentation significative de la proposition de dépistage est observée depuis 10 ans. Les pratiques de prescription du dépistage du VHB sont proches de celles du VHC. Les médecins généralistes prescrivent un dépistage en priorité aux usagers de drogue. Certains groupes à risque, moins connus ou plus délicats à aborder, sont moins souvent dépistés, telles les personnes originaires de pays à forte endémie ou celles en situation de précarité. Discussion : La proposition de dépistage des hépatites virales par les MG n'est pas systématique pour l'ensemble des patients pour lesquels existent des recommandations, notamment, pour le VHB, les personnes originaires des pays à prévalence élevée et, pour le VHC, les personnes tatouées ou ayant un piercing. Ces résultats devraient permettre d'apporter les arguments nécessaires aux MG pour renforcer le dépistage auprès de leurs patients à risque. (R.A.)

Auteur : Gautier A, Jestin C
BEHWeb, 2011, n°. 1, p. 4 p.