L'amélioration du recours aux soins des adultes diabétiques observée en France entre 2001 et 2007 est-elle similaire quel que soit le niveau de défavorisation ? Études Entred

Publié le 3 Mars 2014
Mis à jour le 10 septembre 2019

Objectif : etudier l'évolution des inégalités sociales de recours aux soins (RAS) des diabétiques entre 2001 et 2007. Matériels et méthodes : les adresses de 9 868 et 6 204 adultes diabétiques tirés au sort à partir des bases de données de l'Assurance maladie pour Entred 2001 et 2007, ont été géolocalisées à l'IRIS (quartier d'environ 2 000 habitants). L'évolution du RAS annuel a été analysée en fonction d'un indice de défavorisation réparti en quintiles, des moins défavorisés (DEF-, Q1) aux plus défavorisés (DEF+, Q5) après ajustement sur l'âge, le sexe et le traitement antidiabétique. Résultats : la proportion de femmes parmi les DEF + était plus élevée (2007, Q5 : 50 % vs. Q1 : 43 %) et les DEF+ étaient plus jeunes (62 vs. 64 ans). Entre 2001 et 2007, l'insulinothérapie était devenue plus fréquente chez les DEF+ (2001, Q1 : 20 %, Q5 : 20 % ; 2007, Q1 : 21 %, Q5 : 27 %, p = 0,040), ainsi que la mise sous ALD (2001, Q1 : 75 %, Q5 : 78 % ; 2007, Q1 : 82 %, Q5 : 87 %, p = 0,378). Alors que les consultations fréquentes (e 12/an) de médecin généraliste, avaient moins diminué chez les DEF+, tout en restant plus fréquentes (2001, Q1 : 29 %, Q5 : 36 % ; 2007, Q1 : 21 %, Q5 : 34 %, p = 0,017), les consultations en endocrinologie avaient légèrement progressé chez les DEF+ (2001, Q1 : 10 %, Q5 : 7 % ; 2007, Q1 : 10 %, Q5 : 9 %, p = 0,612). Les consultations en ophtalmologie/2 ans avaient légèrement progressé chez les DEF- (2001, Q1 : 68 %, Q5 : 59 %, 2007, Q1 : 71 % vs. Q5 : 59 %, p = 0,385) ; celles de dentiste/2 ans restaient moins fréquentes chez les DEF+, sans évolution (Q1 : 53 %, Q5 : 48 %, p = 0,913). Concernant les dosages biologiques, aucune différence n'était observée en fonction de l'indice de défavorisation pour les 3 dosages d'HbA1c (2001, Q1 Q5 : 30 % ; 2007, Q1 : 39 %, Q5 : 38 %, p = 0,700) comme pour les lipides, l'albuminurie et la créatininémie. Conclusion : si l'impact des inégalités sociales sur le recours aux soins reste important, l'écart entre les niveaux de défavorisation semble stable, voire se réduit, sauf pour le recours à l'ophtalmologie. (R.A.)

Congrès annuel de la Société Francophone du Diabète (SFD), Paris, 11-14 mars 2014

Auteur : Fosse Edorh S, Rey G, Pornet C, Delpierre C, Bihan H, Fagot Campagna A, Charreire H
Diabetes & metabolism, 2014, p. A48