Evaluation du programme de dépistage organisé du cancer du sein en France. Résultats 2009, évolutions depuis 2005

Publié le 1 Janvier 2012
Mis à jour le 9 septembre 2019

Le programme national de dépistage organisé du cancer du sein a été généralisé en 2004. Il comprend un examen clinique et deux mammographies par sein interprétées par un premier radiologue, suivis si nécessaire d'un bilan de diagnostic immédiat, ainsi qu'une seconde lecture systématique des clichés normaux. Entre 2004 et 2009, le nombre de femmes dépistées est passé de 1 621 000 à 2 344 000 ce qui correspond à un taux de participation qui a progressé de 40 à 52,3 %. Les résultats d'évaluation précoce du programme sont présentés pour tous les départements. Pour 7,4 % des femmes dépistées en 2009, la mammographie était anormale et le bilan de diagnostic immédiat a confirmé l'anomalie pour 42,9 % de ces femmes, soit 3,1 % des femmes dépistées. Le bilan de diagnostic immédiat comportait dans 75,4 % des cas une échographie mammaire. Une mammographie normale était associée à un examen clinique anormal dans 0,2 % des cas. Après la seconde lecture, 1,3 % des femmes ont été rappelées. Les taux de cancers détectés par le programme étaient de 6,8 en 2008 et 6,4 (données provisoires) en 2009. Parmi l'ensemble des cancers dépistés, 6,4 % l'ont été par la seconde lecture. En 2009, 14,2 % des cancers étaient in situ. Parmi les cancers invasifs, 35,9 % avaient une taille inférieure ou égale à 10 mm et 76,1 % de ceux dont le statut ganglionnaire était connu ne comportaient pas d'envahissement. En 2009, pour la deuxième année, le programme autorisait la mammographie numérique. Des différences assez nettes sont constatées entre la technologie numérique plein champ (DR) d'une part et les technologies analogique et numérique à plaques (CR) d'autre part. Les mammographes DR étaient à l'origine de plus d'examens positifs en première lecture, de plus de cancers dépistés, mais d'une valeur prédictive positive des examens après bilan plus faible et d'un apport moindre de la deuxième lecture que les deux autres types de mammographes. Ces conclusions doivent être considérées avec prudence pour la technologie numérique CR car ce groupe hétérogène recouvre des appareils très différents dans leurs performances. Ces indicateurs demeurent conformes au référentiel européen et au cahier des charges français hormis pour la participation au programme de dépistage organisé qui reste insuffisante dans le contexte de la coexistence avec un dépistage individuel. (R.A.)

Auteur : Lastier D, Salines E, Rogel A
Année de publication : 2012
Pages : 12 p.