Taux de participation au programme de dépistage organisé du cancer du sein 2016-2017

Publié le 13 avril 2018

Le programme de dépistage organisé du cancer du sein français offre tous les deux ans aux femmes de 50 à 74 ans un examen clinique des seins et une mammographie. Il propose, en plus, une deuxième lecture de chaque mammographie normale en première lecture. Le programme a été généralisé à tout le territoire français en 2004. Le dépistage est coordonné au niveau local par une structure de gestion (une structure pour un ou plusieurs départements, au total 89  structures de gestion pour 99 départements). Les taux de participation à ce programme, calculés pour les années 2016 et 2017, sont présentés ci-dessous.

Matériel et méthodes

Le nombre de femmes dépistées est fourni par les structures de gestion, selon un questionnaire annuel standardisé.

Les dénominateurs utilisés pour le calcul des taux de participation sont issus des données de population les plus récentes fournies par l'Insee, soit la projection de population 2007-2042, scénario central. Ils sont ainsi calculés de manière identique sur tout le territoire.

Le taux de participation par année mesure la participation pour une année civile. Le nombre de femmes dépistées au cours d'une année peut être influencé par les stratégies d'invitation. Les taux calculés sur deux ans permettent de prendre en compte une période au cours de laquelle toute la population cible devrait avoir été invitée et ainsi reflètent mieux la participation des femmes.

Référentiels

Le référentiel européen mis à jour en 2006 préconise un taux de participation de la population cible supérieur ou égal à 70 %. Ce référentiel est celui de l'ensemble des pays européens ayant mis en place un programme de dépistage organisé.

Ces données de participation permettent de suivre et d'évaluer l'avancement des actions du Plan cancer 2014-2019 relatives au dépistage du sein, en particulier : la lutte contre les inégalités d'accès et de recours aux programmes de dépistage (action 1.8). L'augmentation de la participation reste un objectif principal du nouveau plan cancer 2014-2019.

Résultats

En 2017, le taux brut de participation France entière est de 49,9 %, soit plus de 2 534 000 femmes dépistées au cours de l'année (taux bruts tableau - format pdf, taux standardisés sur l'âge tableau - format pdf)

Les taux publiés précédemment étaient de 40,2 % en 2004, 44,8 % en 2005, 49,3 % en 2006, 50,8 % en 2007, 52,5 % en 2008, 52,3 % en 2009, 52,0 % en 2010, 52,7 % en 2011 et 2012, 51,6 % en 2013, 52,1% en 2014, 51,5% en 2015 et 50,7 % en 2016.

Pour la période 2016-2017, qui correspond à une " campagne " de dépistage puisque les femmes sont invitées à participer au dépistage tous les deux ans, ce sont plus de 5 millions de femmes qui ont été dépistées et le taux de participation est de 50,3 %.

Après une stabilisation de la participation autour de 52 % entre 2008 et 2014, ces nouvelles données confirment la baisse amorcée en 2015-2016. Cette baisse s'observe pour toutes les tranches d'âge sauf les 70-74 ans, pour toutes les régions de métropole et pour la grande majorité des départements. Elle semble majoritairement toucher les régions ou départements qui avaient les taux de participation les plus élevés (voir graphique participation par région).

En 2016-2017, l'hétérogénéité de la participation sur le territoire constatée les années précédentes perdure avec des écarts entre régions allant de 35,6 % en Corse à 59,7 % dans les Pays de la Loire (voir tableau - format pdf). En Outre-mer, les taux varient de 30,6 % en Guyane à 50,3% à la Réunion. Cette hétérogénéité géographique se retrouve également à l'échelle départementale avec des taux variant de 27,6 % à Paris à 62,5 % en Indre-et-Loire (voir cartes - format ppt).

Conclusion

Une légère baisse de la participation est observée ces dernières années. Nous ne connaissons pas à l'heure actuelle les raisons de cette légère baisse de participation. Plusieurs hypothèses ont été avancées pour expliquer cette baisse de participation : l'impact de la polémique nationale et internationale sur l'efficacité du dépistage du cancer du sein, une possible augmentation des démarches de dépistage individuel en raison du recours à la tomosynthèse non incluse dans le programme organisé, une éventuelle baisse de l'offre médicale en sénologie… L'ampleur de la démarche de dépistage individuel reste encore difficile à évaluer u cours du temps.

Il est encore nécessaire d'améliorer la participation au dépistage organisé en sensibilisant les femmes, en particulier celles qui ne font jamais de mammographie, à la qualité offerte par ce dépistage accessible gratuitement. Il est également important de rediriger les femmes qui effectuent un dépistage individuel vers le programme de dépistage organisé, qui est plus efficient. Ces nouvelles données permettent de suivre et d'évaluer l'avancement des actions du Plan cancer 2014-2019 relatives au dépistage du sein et en particulier la lutte contre les inégalités d'accès et de recours aux programmes de dépistage (action 1.8).