Estimations départementales de l'incidence du cancer colorectal en France à partir des données hospitalières, 1999-2003

Publié le 1 Octobre 2009
Mis à jour le 10 septembre 2019

Position du problème. - En France, l'incidence des cancers est mesurée par les registres départementaux des cancers qui couvrent 15 % de la population. L'incidence des cancers est estimée au niveau national et régional à partir des données de mortalité en extrapolant le rapport entre incidence et mortalité observé dans les départements couverts par un registre. L'utilisation du rapport incidence/mortalité au niveau départemental est plus incertaine. Cette étude a pour objectif de produire des estimations départementales de l'incidence du cancer colorectal en France, à partir du rapport entre nombre de cas incidents et nombre de séjours chirurgicaux répertoriés dans les bases hospitalières. Méthodes. - Ce rapport a été étudié sur la période 1999-2003 dans les 13 départements couverts par un registre. Pour chaque sexe séparément, le nombre de cas incidents a été analysé en fonction du nombre de séjours chirurgicaux pour résection du cancer colorectal (colectomies, exérèses, pelvectomies) par un modèle de Poisson. L'âge a été intégré au modèle en effet fixe et le département en effet aléatoire. La capacité du modèle à prédire l'incidence a été testée par validation croisée. Le modèle a ensuite été extrapolé pour estimer l'incidence départementale. Résultats. - Dans les départements couverts par un registre, la validation croisée a montré une bonne capacité prédictive du modèle, à l'exception chez l'homme d'un département ou l'écart entre incidence prédite et observée atteignait 10 %. Sur l'ensemble des départements, les taux d'incidence estimés, standardisés sur la population mondiale, variaient de 29 à 44 pour 100 000 environ chez l'homme et de 17 à 27 pour 100 000 chez la femme. L'incidence ne présentait pas de gradient géographique clair. Conclusion - Au sein des registres, l'incidence prédite en validation croisée était proche dans l'ensemble de l'incidence observée. L'inclusion de plusieurs séjours par patient représentait certainement une source d'erreur mineure dans ces estimations. En effet, notre sélection ne comportait que 2 % de séjours multiples, sans variations géographiques, en 2002 et 2003, années pour lesquelles le chaînage patient était disponible dans les bases hospitalières. Les taux d'incidence estimés présentaient des variations géographiques modérées. Les intervalles de prédiction qui les accompagnent doivent être pris en considération.

Auteur : Uhry Z, Remontet L, Grosclaude P, Velten M, Colonna M
Revue d'épidémiologie et de santé publique, 2009, vol. 57, n°. 5, p. 329-36