Modélisation médico-économique de l'impact de l'organisation du dépistage du cancer du col utérin et de l'introduction de la vaccination contre les HPV dans le calendrier vaccinal. Mars 2007

Publié le 1 Novembre 2008
Mis à jour le 5 juillet 2019

Un premier vaccin efficace dans la prévention des infections par les principaux papillomavirus responsables du cancer du col de l'utérus (HPV 16 et 18) a obtenu son autorisation de mise sur le marché en 2006. Afin d'aider à la décision concernant son éventuelle introduction dans le calendrier vaccinal français, une évaluation médico-économique a été réalisée. Elle a consisté à comparer l'impact épidémiologique et les ratios coût-efficacité de trois options : l'organisation du dépistage organisé des lésions précancéreuses et cancéreuses du col de l'utérus, la vaccination des adolescentes ou la combinaison de ces deux stratégies. Un modèle multi-générationnel de type markovien a été développé, à partir d'un modèle publié, permettant la prise en compte des différences d'horizons temporels entre les deux interventions. Le modèle a été paramétré à partir des données disponibles concernant les pratiques actuelles et leurs coûts, tant pour le dépistage que pour la prise en charge des lésions précancéreuses et cancéreuses. Les données provenant de l'expérience pilote alsacienne de dépistage organisé ont été utilisées. Le modèle a été calibré par comparaison avec les données d'incidence et de mortalité du cancer du col de l'utérus. L'organisation du dépistage et l'organisation du dépistage couplée à la vaccination de 80 % des adolescentes réduirait, par rapport à la situation actuelle, le nombre de cancers du col de respectivement 16 et 34 %. Le coût par année de vie supplémentaire gagnée par la vaccination en plus du dépistage serait compris, selon l'hypothèse retenue pour le taux d'actualisation des bénéfices, entre 27 500 et 55 500 euros si on prend en compte l'ensemble des coûts médicaux et entre 17 500 et 35 400 euros pour l'Assurance maladie. L'analyse coût/efficacité montre que la priorité devrait être donnée à l'organisation du dépistage, mais aussi que l'introduction simultanée de la vaccination des adolescentes avant l'initiation de leur vie sexuelle a un impact épidémiologique significatif et présente un ratio coût-efficacité qui parait acceptable, au vu des seuils généralement considérés. Ces résultats ont été pris en compte dans la recommandation émise par le Conseil supérieur d'hygiène publique de France, en faveur de l'organisation du dépistage et de la vaccination des adolescentes âgées de 14 ans. (R.A.)

Auteur : Dervaux B, Lenne X, Levy Bruhl D, Kudjawu Y
Année de publication : 2008
Pages : 25 p.