Caractéristiques de l'infection par les papillomavirus humains dans des frottis cervicaux normaux en France en 2009. Numéro thématique. Infections sexuellement transmissibles : il faut poursuivre la surveillance

Publié le 5 Juillet 2011
Mis à jour le 5 juillet 2019

Contexte - La connaissance de la distribution des papillomavirus humains (HPV) détectés dans le col de l'utérus est cruciale afin de pouvoir évaluer une modification éventuelle de l'écologie virale liée à l'introduction de la vaccination contre les HPV6, 11, 16 et 18. En France, peu de données provenant d'études académiques concernant les caractéristiques de l'infection HPV en population générale sont disponibles, tant dans les frottis normaux qu'en cas de lésions cervicales. Objectif - Décrire les caractéristiques de l'infection HPV dans des frottis cervicaux normaux : prévalence, distribution des génotypes, taux d'infections multiples. Méthode - Génotypage avec la trousse PapilloCheck® (Greiner Bio-One) de 979 prélèvements de frottis cervicaux normaux réalisés en milieu liquide (Hologic®). Les frottis étaient réalisés par le laboratoire Biomnis qui recueille des prélèvements effectués dans toute la France. Résultats - L'âge moyen des femmes était de 37,5 ans. Au total, 960 prélèvements ont été analysés. La prévalence globale de l'infection pour les génotypes oncogènes était de 19,3% et variait de 32% chez les femmes âgées de moins de 20 ans à 10% chez celles âgées de 40 à 44 ans. Les deux génotypes les plus fréquemment détectés étaient l'HPV non-oncogène 42 (5,0% des prélèvements) et l'HPV16 (3,5% des prélèvements). Le taux global d'infection par les HPV16/18 était de 4,2%. Parmi les 224 femmes infectées, le taux d'infection multiple était de 35% (79/224). Conclusion - Ces données montrent que près d'une femme sur 5 ayant un frottis cervical normal est infectée par un ou plusieurs HPV oncogènes, mais que l'infection par les HPV16 ou 18 est beaucoup moins importante. (R.A.)

Auteur : Heard I, Gallay A, Fihman V, Duport N, Dachez R, Levy Bruhl D, Favre M
Bulletin Epidémiologique Hebdomadaire, 2011, n°. 26-27-28, p. 314-6