Evaluation du programme de dépistage du cancer colorectal

Mis à jour le 11 juin 2019

Programme national

Contexte

Le cancer colorectal est le troisième cancer le plus fréquent dans le monde et la troisième cause (tous sexe) de mortalité par cancer, avec environ 694 000 décès en 2012 représentant 8,5 % de l’ensemble des décès par cancer[1], [2].
Les taux d'incidence estimés varient considérablement selon les régions du monde, de 44,8 pour 100 000 hommes et 32,2 pour 100 000 femmes en Australie / Nouvelle-Zélande à 4,5 et 3,8 pour 100 000, respectivement, en Afrique de l'Ouest2. Ces différences pourraient s’expliquer par l’alimentation, les différents modes de vie et les facteurs héréditaires. Les taux de mortalité les plus élevés sont en Europe centrale et orientale (20,3 et 11,8 pour 100 000 chez les hommes et chez les femmes, respectivement), et les plus faibles se situent dans le Centre Asie du Sud Est et en Afrique de l’Ouest (3,5 and 3 pour 100 000, respectivement).
La France (métropole) fait partie des 20 pays d’Europe ayant des taux d’incidence les plus élevés pour les deux sexes. Le cancer colorectal représente le troisième cancer le plus fréquent, avec plus de 45 000 nouveaux cas estimés en 2017[3]. L’étude des tendances temporelles (1980 – 2012) montre, pour les deux sexes, qu’après avoir augmenté jusqu’en 2000, l’incidence se stabilise à partir de 2005 et puis diminue après. Chez les hommes, le taux d’incidence standardisé augmente de 0,3 % par an entre 1980 et 2012 (34,7 cas pour 100 000 personnes-années en 1980 contre 38,4 cas en 2012) et, chez les femmes, de 0,1 % par an (23,0 en 1980 contre 23,7 en 2012.
Durant la même période, le taux de mortalité par cancer colorectal a diminué pour les deux sexes (- 1,2 % par an chez l’homme et de 1,4 % par an chez la femme).
La survie brute (toutes causes de décès confondues) à 5 ans après le diagnostic est de 47 % et à 10 ans après le diagnostic de 34 % [4]. La survie nette (uniquement lié au cancer du côlon-rectum) est de 59 % et 52 %, respectivement 5 ans et 10 ans après le diagnostic. Chez les hommes, la survie nette à 5 ans est de 58 %, elle s’est améliorée depuis la période 1989-1993. Chez les femmes, la survie nette à 5 ans est de 60 %, elle est stable depuis la période 1989-1993.
Il été démontré que le dépistage par la détection de sang occulte dans les selles permet de réduire la mortalité par cancer colorectal. En France, une étude contrôlée randomisée en population générale montre une réduction de 16% de la mortalité par cancer colorectal après 11 ans de suivi [5].

[1] Bray F, Ren JS, Masuyer E, Ferlay J. Estimates of global cancer prevalence for 27 sites in the adult population in 2008. Int J Cancer. 2013 Mar 1;132(5):1133-45.

[2] Ferlay J, Soerjomataram I, Ervik M, Dikshit R, Eser S, Mathers C, Rebelo M, Parkin DM, Forman D, Bray, F. GLOBOCAN 2012 v1.0, Cancer Incidence and Mortality Worldwide: IARC CancerBase No. 11 [Internet]. Lyon, France: International Agency for Research on Cancer; 2013. Available from: http://globocan.iarc.fr, accessed on 19/02/2015.

[3] Francim, HCL, Santé publique France, INCa. Projections de l’incidence et de la mortalité par cancer en France métropolitaine en 2017 - Tumeurs solides [Internet]. Saint-Maurice : Santé publique France [mis à jour le 02/01/2018 ; consulté le 09/02/2017].

[4] Francim, HCL, InVS, INCa. Survie des personnes atteintes de cancer en France métropolitaine, 1989-2013 [Internet]. Saint-Maurice : Institut de veille sanitaire [mis à jour le 02/02/2016 ; consulté le 15/04/2016].

[5] Faivre J, Dancourt V, Lejeune C, Tazi MA, Lamour J, Gerard D, Dassonville F, Bonithon-Kopp C. Reduction in colorectal cancer mortality by fecal occult blood screening in a French controlled study. Gastroenterology. 2004 Jun;126(7):1674-80.

Programme national de dépistage organisé du cancer colorectal

Mis en place en 2002 dans 23 départements pilotes, le programme de dépistage organisé du cancer colorectal a été généralisé à l’ensemble du territoire en 2009. Le programme propose un test de détection de sang occulte dans les selles tous les deux ans à toutes les personnes âgées de 50 à 74 ans à risque moyen pour ce cancer selon les recommandations de la Conférence de Consensus de 1998, renouvelées en 2005 (www.has-sante.fr). Une coloscopie complète doit être pratiquée systématiquement en cas de test positif.
Depuis sa mise en œuvre, le dépistage organisé était fondé sur le test au gaïac (Hémoccult® II). En avril 2015, ce test a été remplacé par le test immunologique (OC-sensor®), plus performant et plus facile d’utilisation. 
Les structures de gestion départementales du dépistage organisé sont chargées d’inviter la population concernée et de veiller au bon déroulement du suivi. Le premier courrier invite la population à se rendre chez son médecin traitant (consultation non prise en charge par le dépistage organisé) qui décide, au regard des antécédents de la personne, de l’opportunité ou non de faire un test de dépistage. Une première relance postale est prévue par les structures de gestion trois mois après l’envoi des premières invitations dans le cas où le test n’a pas été fait. Elle est suivie si besoin, six mois après, d’un second courrier de relance. Les structures départementales de gestion du dépistage des cancers sont au cœur du dispositif et assurent la formation des médecins traitants, la gestion des invitations et le suivi des résultats.
Les personnes ayant une pathologie colique qui nécessite un contrôle endoscopique programmé, ayant des antécédents personnels d’adénomes colorectaux, ayant un parent du premier degré atteint d’un cancer colorectal avant 65 ans ou au moins deux parents du 1er degré atteints sont à risque plus élevé de cancer colorectal. Elles doivent se voir proposer une coloscopie d’emblée à partir de 45 ans ou 5 ans avant l’âge du diagnostic chez le parent atteint. Enfin, les sujets présentant une pathologie grave extra-intestinale (motif éthique) et ceux chez qui le dépistage revêt un caractère momentanément inopportun (exemple la dépression pour des raisons d’éthique et d’efficacité) ne doivent pas réaliser le test de dépistage.
La Direction générale de la santé et l’Institut national du cancer co-pilotent le programme au niveau national. Un cahier des charges publié en 2006 en décrit l’organisation. Santé publique France est chargée de l’évaluation épidémiologique et produit les différents indicateurs à partir des données recueillies régulièrement auprès des structures de gestion. Une première évaluation des programmes pilotes a été faite en 2006, une mise à jour des indicateurs est régulièrement réalisée et publiée sur le site de l’agence.

Indicateurs d’évaluations

Taux de participation au programme de dépistage organisé du cancer colorectal

Taux de participation par âge au programme national de dépistage organisé du cancer colorectal