Utilité des bases de données médico-administratives pour le suivi épidémiologique des cancers. Comparaison avec les données des registres au niveau individuel.

Publié le 31 Janvier 2012
Mis à jour le 3 septembre 2019

Objectif - En France, les registres des cancers couvrent seulement une partie des départements. Pour obtenir une couverture exhaustive en termes de morbidité, l'utilisation des bases de données médico-administratives (BDMA) a été proposée. L'objectif de ce travail était d'étudier les caractéristiques des BDMA nécessaires pour permettre de les utiliser non seulement comme outil de suivi épidémiologique des cancers, mais aussi pour identifier des cas dans le cadre d'un suivi de cohorte ou pour réaliser une surveillance hors d'une zone couverte par un registre. Méthode - Nous avons analysé la concordance, au niveau individuel, entre les données des " affections longue durée " (ALD) d'une part, les données du Programme de médicalisation des systèmes d'information (PMSI) d'autre part et les données des registres de cancers départementaux, utilisées dans ce travail comme la référence en matière d'incidence. Ce travail a porté sur les cas diagnostiqués en 2004. Résultats - Pour les ALD 2004, les 5 registres inclus dans l'étude ont recensé 22 455 cancers, qui ont été comparés à 17 133 ALD. Pour le PMSI 2004, les 4 registres inclus dans l'étude ont recensé 16 066 cancers, qui ont été comparés à 26 294 diagnostics de cancer fournis par les Départements d'information médicale de 68 établissements. Les résultats montrent que pour repérer des cas de cancer incidents, la sensibilité des ALD (0,56) est plus mauvaise que celle du PMSI (0,70). En revanche la valeur prédictive positive (VPP) d'un signalement par une ALD est meilleure que celle d'un signalement par le PMSI (0,74 versus 0,43), car le PMSI inclut beaucoup plus de cas prévalents que les ALD. Ces résultats varient en fonction des cancers étudiés car les facteurs de sous-déclaration sont multiples. Conclusion - Les ALD semblent difficiles à utiliser seules pour effectuer un recensement exhaustif des cas. En revanche, elles sont un bien meilleur indicateur du fait qu'une personne a effectivement un cancer prévalent. Le PMSI semble plus exhaustif, mais son utilisation conduirait à devoir contrôler beaucoup de cas du fait de sa mauvaise VPP. Des critères d'extraction des enregistrements plus complexes que ceux que nous avons utilisés, permettant de différencier les cas incidents des prévalents, sont nécessaires. Toutefois, une sélection trop importante risque de dégrader la capacité des bases PMSI à identifier les cas. (R.A.)

Auteur : Grosclaude P, Dentan C, Tretarre B, Velten M, Fournier E, Molinie F
Bulletin Epidémiologique Hebdomadaire, 2012, n°. 5-6, p. 63-7