Tendances récentes des données d'affections de longue durée : intérêt pour la surveillance nationale de l'incidence des cancers. Période 1997-2009

Publié le 1 Juin 2011
Mis à jour le 5 juillet 2019

Cette étude présente les évolutions nationales du taux de mise en affection de longue durée (ALD) des Caisses d'Assurance maladie de 1997 à 2009 pour 24 localisations cancéreuses. Ces données doivent être utilisées avec prudence car elles peuvent être affectées par des évolutions réglementaires ou par une évolution de la fréquence des demandes d'ALD parmi les personnes atteintes d'un nouveau cancer. Les évolutions ont été comparées à celles des taux d'incidence, estimés à partir des données des registres départementaux des cancers et de données de mortalité nationales. Les estimations d'incidence reposaient sur des données observées jusqu'en 2005 et un modèle de projection au-delà. L'étude avait pour objectifs : 1. de vérifier la cohérence des évolutions des taux de mises en ALD et des taux d'incidence jusqu'en 2005 ; 2. d'identifier les ruptures de tendances récentes des taux de mise en ALD. Sur la période d'observation de l'incidence, les évolutions des taux de mises en ALD et d'incidence étaient relativement similaires, sauf pour les mélanomes, les cancers de la vessie et du larynx. Elles divergeaient légèrement toutefois pour quelques autres localisations de cancer. Les taux de mise en ALD présentaient des ruptures de tendances récentes pour les cancers du sein, de la prostate et de la thyroïde, après plusieurs années de croissance soutenue. Concernant les cancers du sein et de la prostate, ces évolutions sont cohérentes avec les connaissances épidémiologiques ; elles sont plus inattendues concernant le cancer de la thyroïde, avec un ralentissement de la croissance du taux de mise en ALD après 2004, dans certaines classes d'âge, pour les deux sexes. L'incidence du cancer de la thyroïde est très sensible aux pratiques médicales. Il est possible qu'une saturation des effets liés aux pratiques médicales ou une modification de la prise en charge ait débuté pour certaines classes d'âge. L'évolution récente et à court terme de ce cancer en France reste toutefois très incertaine. (R.A.)

Auteur : Uhry Z, Remontet L, Grosclaude P, Belot A, Colonna M, Boussac Zarebska M, Delacour Billon S, Gentil J, Bossard N, Altana M, Frete F, Weill A, Rogel A
Année de publication : 2011