Surveillance de la consommation des antibiotiques : Réseau ATB-Raisin, France. Résultats 2017

Publié le 1 Avril 2019
Mis à jour le 11 juillet 2019

La surveillance de la consommation des antibiotiques (ATB) ATB-Raisin participe au bon usage des ATB. Ses objectifs sont de permettre à chaque établissement de santé (ES) de décrire et d'analyser ses consommations et de les confronter aux données de résistance bactérienne en se situant par rapport à un ensemble comparable d'ES. Les ATB à visée systémique de la classe J01 de la classification Anatomical Therapeutic Chemical (ATC), la rifampicine, les imidazolés per os et la fidaxomicine, dispensés en hospitalisation complète, ont été exprimés en nombre de doses définies journalières (DDJ) et rapportés à l'activité selon les recommandations nationales et de l'Organisation mondiale de la santé (système ATC-DDD, 2017). Des données de résistance ont été collectées pour sept couples bactérie/antibiotique pour permettre à chaque ES d'explorer sa situation en matière de pression de sélection, d'une part, et d'écologie contribuant à l'utilisation de certains antibiotiques, d'autre part. Les 1 622 ES participants représentaient 76% des journées d'hospitalisation en France en 2017 et avaient consommé 362 DDJ/1 000 journées d'hospitalisation (JH). Les ATB les plus utilisés étaient l'association amoxicilline-acide clavulanique (30%), l'amoxicilline (20%) et la ceftriaxone (6%). La consommation d'ATB variait de 55 DDJ/1 000 JH dans les hôpitaux psychiatriques à 597 dans les centres de lutte contre le cancer. Des variations étaient observées selon les secteurs d'activité, de 57 DDJ/1 000 JH en psychiatrie à 1 452 en réanimation. Depuis 2012, un nombre important d'ES participe chaque année (1 411 en 2012 et 1 622 en 2017), ce qui permet d'extrapoler les tendances d'évolution suivantes : une décroissance globale de la consommation d'ATB depuis 2012 (-3,2%), avec une baisse soutenue à partir de 2016 ; une progression de la consommation des carbapénèmes, des céphalosporines de 3e génération, de l'association pipéracilline-tazobactam ; une réduction de la consommation des fluoroquinolones et des glycopeptides, au profit des nouveaux ATB à visée anti-staphylocoque résistant à la méticilline. Les données de résistance étaient en cohérence avec celles issues de réseaux spécifiques. La surveillance en réseau permet à chaque ES d'analyser sa situation, de se comparer, d'échanger sur ses pratiques et organisations, et de suivre les tendances évolutives. La maîtrise de l'antibiorésistance, passe par la connaissance et l'analyse des consommations d'ATB et des données de résistance bactérienne, données qui doivent être complétées par le suivi d'indicateurs de pertinence des prescriptions ainsi que l'évaluation des pratiques de la prévention de la transmission croisée.

Année de publication : 2019
Pages : 134 p.