Les morts inattendues des nourrissons de moins de 2 ans. Enquête nationale 2007-2009

Publié le 1 Mars 2011
Mis à jour le 5 juillet 2019

Contexte : la survenue de mort subite du nourrisson (MSN) a considérablement baissé depuis les campagnes en faveur du couchage sur le dos des nourrissons. Chaque année, les statistiques de décès identifient 250 cas de MSN en France, parfois en l'absence des investigations postmortem nécessaires pour affirmer ce diagnostic. Objectif : connaître le nombre et les caractéristiques des morts inattendues (MIN) d'enfant de moins de 2 ans en France, la part réelle de la MSN, des décès expliqués et de la maltraitance, ainsi que leur prise en charge au regard des recommandations de la Haute autorité de santé (HAS). Méthode : d'octobre 2007 à octobre 2009, toute MIN survenue dans 17 départements a fait l'objet d'un recueil de données sur le lieu du décès, puis dans le Centre de référence où l'enfant a été transféré. Toutes les MIN, transportées ou non, ont été comptabilisées par les Samu. Résultats : le taux d'inclusion a été de 91 %, sur les 281 survenues. Le taux des MIN de moins d'1 an était de 0,40/1 000 naissances vivantes. Parmi les MIN de moins d'1 an incluses (n=220), le sex-ratio était de 1,86 ; l'âge médian de 3 mois. Une autopsie était pratiquée dans 72 % des moins d'1 an et 88 % des plus d'1 an, mais très variable selon les départements. La mort était expliquée après exploration dans 34 % des cas de moins d'1 an, 66 % des plus d'1 an, les maladies infectieuses étant la première cause. Dix-huit enfants de moins d'1 an étaient morts asphyxiés dans leur lit en raison d'erreur de couchage et chez 63 autres, un ou des facteurs de risque connus de MSN était identifié comme ayant pu contribuer au décès. Conclusion : cette enquête identifie le besoin de renouveler les campagnes sur le couchage des nourrissons et de renforcer les centres de référence dans leurs missions de prise en charge des MIN selon les recommandations de la HAS. (R.A.)

Auteur : Bloch J, Denis P, Jezewski Serra D
Année de publication : 2011
Pages : 56 p.