Le rôle du statut scolaire et professionnel dans les usages de drogues des hommes et des femmes de 18 à 25 ans.

Publié le 22 Octobre 2008
Mis à jour le 5 juillet 2019

Position du problème : Les niveaux d'usages de substances psychoactives des étudiants du supérieur sont mal connus, en raison notamment de l'absence d'une base de sondage nationale. Peu d'attention a été accordée en France aux études mettant en évidence les spécificités masculines et féminines d'usages de drogues. Méthodes : Le Baromètre santé 2005, enquête téléphonique représentative en population générale (12-75 ans, n = 30 514) comprend 1290 étudiants de l'enseignement supérieur, 1480 actifs occupés et 538 chômeurs, âgés de 18 à 25 ans. Pour chaque sexe, ces trois groupes ont été comparés à l'aide de régressions logistiques multivariées sur de nombreux usages de drogues licites et illicites. Ces résultats et ceux de la vague 2000 du Baromètre santé ont été mis en perspective. Résultats : L'analyse montre que parmi les femmes, les consommations d'alcool et de cannabis, et les ivresses alcooliques sont plus fréquentes parmi les chômeuses et les étudiantes que parmi les actives occupées. Parmi les hommes, ces usages ainsi que ceux d'autres produits illicites sont plus fréquents parmi les chômeurs. En conséquence, les écarts entre les sexes pour les consommations d'alcool et de cannabis sont plus faibles parmi les étudiants que les actifs, occupés ou non. Pour les deux sexes, des modèles logistiques ajustés sur l'âge montrent que les usages d'alcool et de tabac sont plus rares parmi les étudiants, au contraire des usages de cannabis et des ivresses alcooliques. Pour la plupart des usages, les écarts entre les sexes sont plus faibles parmi les étudiants. À l'exception des résultats observés pour l'alcool et le tabac, toutes ces différences deviennent non significatives lors du contrôle des autres variables sociodémographiques. Par rapport aux données de 2000, les consommations des étudiants sont plutôt moins tournées vers l'ivresse alcoolique et la consommation de cannabis. Conclusion : Les étudiants se distinguent des actifs occupés par des usages moins importants d'alcool et de tabac, mais des ivresses un peu plus fréquentes. Les usages de cannabis sont similaires. La situation de chômage est à risque pour les deux sexes, mais la poursuite d'études supérieures est associée à une surconsommation d'alcool et de cannabis parmi les femmes, alors que ce n'est pas le cas parmi les hommes.[résumé auteur]

Auteur : Legleye S., BECK F., Peretti-watel P., Chau N.
Revue d'épidémiologie et de Sante Publique, 2008, vol. 56, n°. 5, p. 345-355