Investigation d'un syndrome collectif inexpliqué parmi le personnel d'un centre de recherche dans l'Hérault

Publié le 1 Mars 2019
Mis à jour le 11 juillet 2019

En février 2017, Santé publique France (région Occitanie) est contactée pour un signalement concernant un problème d'odeur dans un centre de recherche. Depuis le mois d'avril 2016, des épisodes d'odeurs (décrites comme des odeurs de solvants ou d'éther) incommodent fortement les personnels travaillant dans le bâtiment de l'animalerie. La plupart de ces personnels décrit des symptômes tels que maux de tête, nausées, vomissement, irritations des voies aériennes... Une réunion, organisée en avril 2017, a permis de présenter et proposer à l'ensemble des acteurs la démarche d'investigation proposée par Santé publique France selon le guide de diagnostic et prise en charge des syndromes collectifs inexpliqués. Les investigations ont été menées par un groupe multidisciplinaire et se composaient de 4 volets : épidémiologique, clinique, environnemental et psycho-social. Six personnes sur huit travaillant dans l'animalerie au moment de l'enquête épidémiologique ont ressenti des symptômes. En 2017, cinq salariés sur huit ont été affectés, en moyenne une fois par semaine. Les symptômes sont sans gravité, relativement brefs, réversibles, majoritairement sans aggravation dans le temps mais peuvent être handicapants pour le travail quotidien. La simultanéité des odeurs et des symptômes n'est pas en faveur d'un phénomène exclusivement psychosocial. L'hypothèse la plus plausible concerne une contamination du réseau des eaux usées. Des mesures réalisées fin 2017 dans le réseau d'eaux usées ont montré la présence de chloroforme, à des niveaux toutefois relativement faibles, odeur cohérente avec l'odeur éthérée décrite par les salariés. Le chloroforme ou d'autres sous-produits chlorés peuvent en effet se former par action du chlore sur la matière organique, des laboratoires de biologie rejetant à l'évier de grandes quantités d'eau de javel en amont de l'animalerie. Plusieurs propositions pour guider les mesures de gestion au niveau des effluents ont été avancées à l'issue de ces investigations.

Auteur : Rivière Stéphanie
Année de publication : 2019
Pages : 58 p.