Insomnie, fatigue et somnolence : prévalence et état de santé associé, déclarés par les plus de 16 ans en France métropolitaine. Données ESPS 2008. Numéro thématique. Épidémiologie des troubles du sommeil en France

Publié le 20 Novembre 2012
Mis à jour le 5 juillet 2019

En 2008, un volet sur le sommeil a été intégré à l'Enquête santé protection sociale (ESPS). Les données ont été recueillies par auto-questionnaire auprès de 12 636 résidents en métropole, âgés de 16 ans et plus. Les résultats confirment la fréquence des troubles du sommeil en France : une personne sur 5 (19,0%) présentait des symptômes d'insomnie chronique accompagnés de perturbations diurnes (fatigue ou somnolence excessive) (ICPD). La prévalence était plus forte chez les femmes que chez les hommes (22,2% vs. 15,4%). Elle augmentait avec l'âge jusqu'à la classe des 45-54 ans (23,6%), puis diminuait légèrement. En effet, après 55 ans, les perturbations du sommeil étaient fréquemment déclarées sans retentissement diurne. La fréquence du retentissement diurne était maximale entre 25 et 55 ans. L'analyse multivariée révélait une fréquence accrue d'ICPD chez les personnes travaillant en rythme décalé et chez les plus précaires socialement. La prévalence d'ICPD était significativement plus faible chez les célibataires (13,5%) que chez les sujets en couple (20,0%), divorcés, séparés, veufs (24,6%). Seuls 7,3% des sujets manifestant une ICPD ne déclaraient aucune comorbidité. L'ICPD était indépendamment associée à de nombreuses pathologies chroniques ; la prévalence d'ICPD augmentait avec le nombre d'atteintes somatiques et l'intensité des troubles associés (douleurs, score de santé psychique). Malgré cette forte morbidité, moins d'un tiers (27,5%) des individus manifestant une ICPD avaient déjà consulté pour leurs problèmes de sommeil. Une personne avec ICPD sur 5 (22,2%), 1 sur 2 après 75 ans (48,5%), déclarait prendre de façon habituelle des médicaments pour dormir. Il s'agissait de benzodiazépines ou apparentés dans 82% des cas, bien que ces thérapeutiques soient déconseillées au long cours. Ces résultats indiquent une prise en charge encore insuffisante de l'insomnie chronique en France. (R.A.)

Auteur : Gourier Frery C, Chan Chee C, Leger D
Bulletin Epidémiologique Hebdomadaire, 2012, n°. 44-45, p. 502-9