Evaluation d'un signalement de quatre cas de cancer suspectés d'être en lien avec la prise "d'anabolisants", Dordogne, mars 2012

Publié le 1 Janvier 2012
Mis à jour le 5 juillet 2019

Introduction. En mars 2012, un médecin signalait la survenue de quatre jeunes joueurs de rugby en Dordogne atteints de cancers et suspectés d'avoir pris des produits "anabolisants". La Cire Limousin Poitou-Charentes et la Cire Aquitaine en collaboration avec l'ARS Limousin ont investigué afin de valider le signalement et ainsi vérifier l'existence d'un agrégat spatio-temporel de cancers. Méthodes. Un questionnaire standardisé a été développé pour le recueil d'informations sanitaires et de facteurs d'exposition. Les sources d'information pour la validation des cas étaient les médecins cancérologues en charge du traitement des cas et les dossiers médicaux pour les cas décédés. Les sources d'information pour les facteurs environnementaux étaient le dossier médical, le patient via le médecin traitant ou un membre de la famille. Résultats. Quatre cancers de types différents ont été recensés : 2 hémopathies malignes (1 lymhome de Hogkin et 1 leucémie aiguë lymphoblastique), 1 tumeur germinale et 1 carcinome pelvien de primitif inconnu. Les années de diagnostic s'échelonnent sur une période de 8 ans. Les cas, tous de sexe masculin, étaient âgés de 16 à 20 ans au moment du diagnostic. Deux des cas sont décédés des suites de leur maladie. Les quatre cas étaient des joueurs de rugby de haut niveau et deux jouaient dans le même club. Deux cas résident dans la même commune, un autre à une vingtaine de kilomètres, et un autre dans un département limitrophe. Trois des quatre cas pour lesquels l'information a pu être documentée n'avaient pas les mêmes activités professionnelles (ou études). Seul un des trois cas pour l'information a pu être documentée a déclaré avoir consommé des compléments alimentaires à base de créatine. Conclusion. Les éléments recueillis permettent d'exclure la présence d'un agrégat spatio-temporel en raison de localisations de cancers différentes, de l'étalement des cas dans le temps et d'un faible lien géographique, et du fait qu'hormis la pratique du rugby, fréquente dans ce département, aucun facteur commun aux 4 cas n'a été identifié. Seul un cas a confirmé consommer de la créatine. Par ailleurs, la prise de compléments à base de créatine est sans rapport connu et évalué avec les pathologies observées. Cependant, le risque carcinogène potentiel, en particulier à long terme, pour la santé du consommateur n'est pas écarté par l'Agence nationale de sécurité sanitaire de l'alimentation, de l'environnement et du travail. (R.A.)

Auteur : Raguenaud ME, Castor C
Année de publication : 2012
Pages : 15 p.