Étude transversale des pratiques de diagnostics et de traitement de la gale par les médecins : un faible suivi des recommandations pourrait expliquer l'épidémie

Publié le 1 Septembre 2014
Mis à jour le 5 juillet 2019

Contexte : l'augmentation continue de l'incidence de gale en France met en lumière le besoin d'investiguer les raisons expliquant la progression de cette épidémie. Objectif : le but de cette étude est d'étudier les pratiques de gestion des cas de gale par les médecins généralistes, les pédiatres et les dermatologues en termes de diagnostic, de prescription de traitements préventifs et curatifs, et de suivi clinique. Méthodes : une étude transversale chez les médecins libéraux de Bretagne a été réalisée en avril 2013. L'échantillon a été stratifié par type de médecin (dermatologues, généralistes et pédiatres), par zone urbaine ou rurale et par département (les quatre de la région). Les facteurs explicatifs probables de l'observance des médecins aux recommandations nationales de traitement et de gestion des cas de gale ont été analysés à l'aide d'une régression logistique multivariée. Résultats : l'étude estime l'incidence de la gale en Bretagne à approximativement 12 200 cas sur les sept mois précédents l'étude (septembre 2012 mars 2013). Seulement 34 % (IC95 % [27,8 %, 40,4 %]) des médecins suivaient les recommandations de durée de traitement, et 53,2 % (IC95 % [46,7 %, 59,5 %]) traitaient les contacts proches d'un cas diagnostiqué. Les dermatologues étaient les seuls, indépendamment d'autres facteurs, à suivre majoritairement toutes les recommandations de traitement. Être médecin généraliste (OR = 0,049, IC95 % [0,01, 0,22]) ou pédiatre (OR = 0,056, IC95 % [0,01, 0,2]) était significativement associé au fait d'être non-observant par rapport aux dermatologues. Conclusion : l'épidémie de gale est en passe de devenir un problème de santé publique majeur en France. En majorité, les praticiens traitant des cas semblent ne pas respecter les recommandations nationales de bonnes pratiques, ce qui pourrait expliquer le maintien de la diffusion du parasite. Cependant, l'étude montre que la plupart des médecins sont en demande d'informations complémentaires pour eux-mêmes et pour leurs patients. (R.A.)

VIe Congrès International d'Épidémiologie, 10-12 septembre 2014

Auteur : Genow J, Boyd A, Tillaut H, Demillac R, Crepey P
Revue d'épidémiologie et de santé publique, 2014, vol. 62, p. S191