Expérimenter de nouvelles approches pour accroître le recours au dépistage du VIH et des autres IST

Publié le 16 juillet 2019

Chlamyweb : l’auto-prélèvement permet d’accroitre le dépistage de l’infection à chlamydia chez les jeunes.

Durant les quatre semaines de l’étude, 11 075 personnes ont été incluses, dont 53 % de femmes. L’âge moyen des répondants étaient de 20,7 ans. Environ la moitié était étudiants, 20 % avaient une occupation professionnelle et 14 % étaient en recherche d’emploi.
Le pourcentage de personnes testées à l’issue de l’étude était de 8,6 % dans le bras contrôle et 29,2 % dans le bras intervention. Ainsi, l’envoi d’un kit d’auto-prélèvement multiplie par 3,4 [IC 95 % : 3,1-3,8] le recours au dépistage de Chlamydia chez les jeunes, avec un effet multiplicateur plus important chez les hommes (aRR : 4,5 [IC 95 % 3,8-5.5]) que chez les femmes (aRR: 2,9 [IC 95 % 2,6-3,3]).
L’envoi d’un kit permet d’augmenter le recours au dépistage dans tous les sous-groupes de population, excepté parmi les femmes originaires du Maghreb. Il permet également de réduire les inégalités géographiques d’accès au dépistage.
Le taux de positivité était de 6,8%, supérieur chez les femmes (8,3%) que chez les hommes (4,4%). Ce taux est proche de celui enregistré dans le réseau de surveillance (7%) mais supérieur à la prévalence estimée en 2006 en population générale (entre 1 et 3%).
Les taux de positivité étaient particulièrement élevés parmi les hommes et les femmes multipartenaires (taux supérieurs ou égaux à 10%). A noter également que les taux de positivité étaient entre 1% et 3% chez des personnes considérées généralement à faible risque car ne déclarant qu’un seul(e) partenaire dans l’année.
L’analyse économique a permis d’estimer à 32 € le coût par personne ayant effectué un dépistage grâce l’auto-prélèvement contre 73 € pour un dépistage dans le système traditionnel, soit une différence de 41 €. Des analyses complémentaires sont néanmoins nécessaires pour définir le caractère coût-efficace de ce dispositif.

Le BaroTest

Résultats en cours de publication

MémoDépistages

Le recrutement s’est fait en ligne du 11/04/2018 au 10/06/2018. Plus de 85 000 HSH sont arrivés sur le questionnaire, 15 217 l’ont rempli et 12 758 ont été considérés pour le recrutement. 5 237 HSH n’étaient pas éligibles, le plus souvent parce qu’ils étaient en dehors de la zone d’étude. Au final, l’envoi du kit a été proposé à 7 158 hommes et 3 428 (50%) ont accepté de le recevoir. Il s’agit d’hommes jeunes, exposés aux IST (nombre de partenaires élevés, protection insuffisante) et insuffisamment dépistés (seule la moitié avait fait un test de dépistage dans les 12 mois). Près de 6 hommes sur 10 (58%) ont renvoyé leurs prélèvements au laboratoire. La très grande majorité des kits étaient complets et exploitables pour le VIH (80%). Pour les infections à chlamydia (Ct) et gonocoques (Ng), c’est plus de 99% des prélèvements qui ont pu être analysés.
La prévalence du VIH était de 0,5% (0,7% en Ile de France) ; la prévalence de Ct/Ng pour au moins un site (urinaire, anal, pharyngé) de 17,1%.
Pour le rendu des résultats positifs (y compris le VIH), les hommes ont choisi, dans l’ordre, l’appel téléphonique, le SMS (qui les informait de la disponibilité de leurs résultats) et le médecin.
Toutes les découvertes de séropositivité ont été rendues par téléphone, ce qui a favorisé le lien vers le soin et la prise en charge des personnes diagnostiquées.
A l’issue de ce premier test, 68% des participants ont programmé un test à trois mois. Le suivi se poursuit jusqu’en décembre 2019.