Perception de la pollution de l'air extérieur et de ses effets sanitaires: disparités territoriales et disparités sociales.

Publié le 1 Janvier 2008
Mis à jour le 5 juillet 2019

Introduction. Les liens entre environnement et santé sont complexes, notamment du fait du cumul des expositions avec de nombreux autres facteurs de risque, mais aussi parce que certaines conséquences de ces expositions se manifestent sur le long terme. Les recherches sur la qualité de l'air ou les risques liés à l'industrie montrent que les milieux sociaux défavorisés vivent plus souvent à proximité de sources de pollution. Pourtant, la problématique des inégalités environnementales, et plus encore celle de leurs conséquences sanitaires, restent des sujets peu explorés en France. Matériel et méthodes. L'enquête "Baromètre Santé Environnement" de l'Institut national de prévention et d'éducation pour la santé recueille au moyen d'un questionnaire téléphonique auprès d'un échantillon représentatif de la population ses opinions en matière d'environnement et de santé. Cette étude s'intéresse plus particulièrement à la pollution atmosphérique. Elle décrit les représentations des Français en matière de pollution de l'air, leur perception et leur ressenti des effets sur la santé ainsi que l'accessibilité à l'information sur ce thème. Des analyses multivariées ont été mises en oeuvre afin d'examiner l'influence de variables pouvant refléter des inégalités sociales (catégorie socioprofessionnelle, niveaux de diplôme et de revenu), et territoriales (taille de l'agglomération de résidence). Résultats. Des différences en termes de représentations ont été mises en évidence pour chacun de ces facteurs, après contrôle des effets de structures liés aux autres variables. Ainsi, globalement, les classes sociales les plus défavorisées ont une vision plus négative des problèmes de pollution atmosphérique, elles sont plus sensibles à ses manifestations sensorielles (odeurs, fumées) et perçoivent un risque sanitaire plus élevé pour la population en général. Cependant, elles indiquent moins fréquemment ressentir les effets de la pollution atmosphérique sur leur propre santé ou celle de leur entourage. Mais, au-delà des critères socioéconomiques, c'est autour de la ville que semblent se cristalliser en premier lieu les disparités de représentations de la pollution de l'air extérieur. En effet, les différences les plus marquées sont observées selon le territoire : les urbains ont, eux aussi, des représentations négatives de la pollution atmosphérique mais déclarent également plus souvent ressentir ses effets. Discussion et conclusion. Cette étude met en évidence des différences socioéconomiques et territoriales de représentation de la pollution atmosphérique et de ses effets sanitaires. Elle ne permet cependant pas de démontrer que ces différences de perception sont associées à des différences d'exposition. Les variations territoriales de représentation de la pollution atmosphérique et des risques associés peuvent néanmoins être rapprochées de différences d'exposition, certaines composantes de cette pollution étant effectivement plus présentes en milieu urbain. [résumé auteur]

Congrès national des Observatoires régionaux de la santé., Marseille, 2008/10/16-17

Auteur : Gailhard-rocher I., Lelievre F., Lefranc A., Tallec A., Roussel I., Menard C., Beck F.
Année de publication : 2008