Surveillance des effets à court terme de la pollution atmosphérique sur la mortalité en milieu urbain. Résultats d'une étude de faisabilité dans 9 villes françaises

Publié le 1 Février 2001
Mis à jour le 11 septembre 2019

Position du problème : Cette étude avait pour objectif de quantifier les effets à court terme de la pollution atmosphérique sur la mortalité et d'évaluer la faisabilité de la mise en place d'un dispositif de surveillance épidémiologique dans 9 villes françaises. Méthodes : Le recueil, l'exploitation et l'analyse des données temporelles ont suivi un protocole commun standardisé. Les données de pollution dépendaient du développement des réseaux locaux de mesure (indicateurs mesurés, nombre de stations). Les techniques d'analyse utilisées (études de séries temporelles) ont fait appel aux modèles additifs généralisés (GAM). Résultats : Dans les 9 zones considérées, des associations entre la mortalité toutes causes, cardio-vasculaire et respiratoire, et les indicateurs de pollution ont été observées. Ces associations étaient généralement de type linéaire sans seuil. Globalement, les excès de mortalité liés à un accroissement inter-quartiles de la pollution acido-particulaire variaient, selon les polluants, entre 0,3 et 3,5 % pour la mortalité totale ; 0,5 et 6,3 % pour la mortalité cardio-vasculaire et entre 0,1 et 12 % pour la mortalité respiratoire. Concernant la pollution photo-oxydante, ils variaient entre 0,4 et 7,3 % pour la mortalité totale, 1,4 et 6,7 % pour la mortalité cardio-vasculaire et entre 1,7 et 30,4 % pour la mortalité respiratoire. Conclusion : Malgré un protocole commun standardisé, certaines disparités, inhérentes aux particularités locales, ont été constatées (longueur des séries temporelles, nombre de stations de mesure et de polluants disponibles...). Néanmoins, cette étude pilote a montré que la surveillance épidémiologique multi-centrique des effets de la pollution atmosphérique était réalisable. Cependant, cela nécessite de valider les résultats obtenus par une nouvelle analyse des données de mortalité sur une période d'étude plus longue, et d'étudier également la faisabilité et la pertinence de recourir à d'autres indicateurs sanitaires tels que les admissions hospitalières.

Auteur : Zeghnoun A, Eilstein D, Saviuc P, Filleul L, Le Goaster C, Cassadou S, Boumghar A, Pascal L, Medina S, Prouvost H, Le Tertre A, Declercq C, Quenel P
Revue d'épidémiologie et de santé publique, 2001, vol. 49, n°. 1, p. 3-12