Diversité des perceptions de la pollution de l'air extérieur disparités sociales et territoriales. Comment construire une politique égalitaire ?

Publié le 1 Janvier 2009
Mis à jour le 5 juillet 2019

L'enquête "Baromètre santé environnement" de l'Institut National de Prévention et d'Education pour la Santé (INPES) a recueilli, au moyen d'un questionnaire téléphonique auprès d'un échantillon représentatif de la population, ses opinions en matière d'environnement et de santé. Cette étude s'intéresse en particulier à la pollution atmosphérique. Elle décrit les représentations des Français en matière de pollution de l'air, leur perception et leur ressenti des effets sur la santé ainsi que l'accessibilité à l'information sur ce thème. Des différences en termes de représentations ont été mises en évidence pour chacun de ces facteurs, après contrôle des effets de structures liés aux autres variables. Ainsi, globalement, les classes sociales les plus défavorisées ont une vision plus négative des problèmes de pollution atmosphérique, elles sont plus sensibles à ses manifestations sensorielles (odeurs, fumées) et perçoivent un risque sanitaire plus élevé pour la population en général. Cependant, elles indiquent moins fréquemment ressentir les effets de la pollution atmosphérique sur leur propre santé ou celle de leur entourage. Mais, au-delà des critères socio-économiques, c'est autour de la ville que semblent se cristalliser en premier lieu les disparités de représentations de la pollution de l'air extérieur. Les urbains ont des représentations négatives de la pollution atmosphérique. Les âges de la vie développent également des sensibilités différentes à l'environnement. Cette étude ne permet cependant pas de démontrer que ces différences de perception sont associées à des différences d'exposition ; elle souligne ainsi la principale difficulté observée dans la gestion de la pollution à savoir le caractère invisible de la pollution toxique et la faiblesse d'une réponse par les normes. La sensibilisation du public est d'autant plus difficile que la perception de la pollution est très inégale selon les groupes de population et suppose d'adapter les outils de communication en fonction des différentes cibles visées. Les inégalités identifiées interrogent également sur la possible adhésion des populations vivant la précarité à des valeurs environnementales qui leur paraissent hors de leur portée.

Auteur : Roussel Isabelle, Gailhard-rocher Isabelle, Lelievre Françoise, Lefranc Agnès, Tallec Anne, Menard Colette, Beck François
Air pur, 2009, n°. 76, p. 30-35