Analyse commentée. Pollution de l'air en milieu urbain et cancer du poumon à Stockholm. Numéro thématique. Effets à long terme de la pollution atmosphérique : études européennes

Publié le 1 Septembre 2006
Mis à jour le 10 septembre 2019

Cet article est une analyse commentée d'une étude publiée dans la revue Epidemiology 2000;11(5):487-95. Si la relation de cause à effet entre pollution de l'air et cancer du poumon est aujourd'hui établie, la source de la pollution de l'air à l'origine de cette relation n'est pas clairement connue. En outre, peu d'études ont évalué l'effet d'une exposition à long terme à la pollution atmosphérique. L'étude cas-témoin proposée porte sur les hommes de 40 à 75 ans ayant majoritairement résidé à Stockholm au cours des dernières décennies. Deux indicateurs de la pollution atmosphérique sont considérés : le NO2 comme indicateur de la pollution liée au trafic routier et le SO2 comme indicateur de la pollution liée au chauffage. Afin d'apprécier l'association entre ces indicateurs et le risque de cancer du poumon, l'étude prend en compte, via un système d'information géographique, les lieux successifs d'habitation et de travail des sujets et évalue l'exposition individuelle cumulée en modélisant de façon rétrospective les niveaux d'émissions en polluants au cours des dernières décennies. L'objectif de l'étude cas-témoin présentée est d'analyser la relation entre une exposition individuelle à long terme à une pollution atmosphérique liée au trafic ou au chauffage, et le développement d'un cancer du poumon chez les hommes de 40 à 75 ans à Stockholm. Méthodologiquement, le plan de l'étude et la considération des facteurs de confusion sont corrects et bien élaborés. Les différents types de biais (sélection, information, confusion) semblent ainsi évités ou contrôlés. La revue bibliographique sur la relation entre exposition environnementale et cancer de poumon est très soigneuse et les résultats sont en conformité avec la littérature. Le calcul du risque attribuable à la pollution atmosphérique pour le cancer du poumon, estimé à 10 %, constitue un résultat important de l'étude. En conclusion, l'importance de cet article réside dans la reconstruction rétrospective de la pollution atmosphérique, en considérant spécifiquement le NO2 et le SO2 comme indicateurs respectifs de la pollution atmosphérique liée au trafic routier et au chauffage. Il constitue une contribution importante à l'étude du rôle de la pollution atmosphérique sur le risque de cancer du poumon et, plus généralement, à la prévention des cancers liés à la pollution environnementale. (Extrait de l'article)

Auteur : Casa Lareo A, Jeannee N
Extrapol. Epidémiologie et pollution atmosphérique. Analyse critique des publications internationales, 2006, n°. 29, p. 30-2