Consommations alimentaires et biomarqueurs nutritionnels chez les adultes de 16 ans et plus en Guadeloupe et Martinique. Enquête Kannari 2013-2014

Publié le 3 Février 2016
Mis à jour le 5 juillet 2019

Objectif : notre objectif était de décrire les consommations alimentaires et certains biomarqueurs nutritionnels chez les adultes en Guadeloupe et Martinique en 2013-2014, à partir des données recueillies dans l'enquête " Kannari : santé, nutrition et exposition au chlordécone aux Antilles ". Méthodes : après un tirage au sort des individus âgés de 16 ans et plus sur la base d'un plan de sondage à trois degrés (îlots, foyers, individus), les personnes incluses répondaient à domicile, en face-à-face, à un questionnaire sur leur état de santé puis, par téléphone, à deux rappels des 24 heures sur des jours non consécutifs. Des prélèvements biologiques ont été réalisés chez les adultes de 18 ans et plus. L'analyse descriptive tient compte du plan de sondage et est pondérée par redressement par rapport au recensement de population de l'Insee et aux variables prédictives de la participation à chacun des volets de l'enquête. Résultats : parmi les adultes éligibles, 651 en Guadeloupe et 662 en Martinique ont répondu à deux rappels des 24 heures. Un quart d'entre eux consommait au moins 400 g de fruits et légumes par jour (recommandation du Programme national nutrition santé (PNNS)). Par ailleurs, 9 adultes sur 10 consommaient des produits laitiers en quantité inférieure aux recommandations du PNNS et un quart dépassait le repère de consommation pour le groupe " viande, poisson, oeufs ". Peu de différences étaient observées entre les départements. Les consommations en " viande, poisson, oeufs ", féculents, matières grasses ajoutées et boissons sucrées étaient plus élevées chez les hommes que chez les femmes. Les apports énergétiques totaux et les apports en alcool et en calcium étaient globalement faibles, mais l'équilibre des macronutriments était conforme aux recommandations. L'anémie ferriprive concernait 6,7% des femmes non ménopausées des deux départements. En outre, 30,9% des hommes et 14,9% des femmes présentaient un risque de déficit en folates. Conclusion : la situation observée ici montre des évolutions de l'alimentation par rapport à celle qui avait été relevée dans l'enquête Escal en Martinique, dix ans auparavant. Les actions d'information et d'amélioration de l'accessibilité des aliments favorables à la santé restent donc nécessaires.

Auteur : Castetbon K, Ramalli L, Vaidie A, Yacou C, Merle S, Ducros V, Deschamps V, Blateau A
Bulletin Epidémiologique Hebdomadaire, 2016, n°. 4, p. 52-62