La biosurveillance comme levier politique : une étude de cas sur la surveillance du mercure et des pesticides à New York

Publié le 16 Juin 2009
Mis à jour le 10 septembre 2019

Introduction - En 2004, la ville de New York a conduit une étude de biosurveillance environnementale en population pour identifier les expositions à des biomarqueurs sélectionnés et proposer des orientations pour des actions de santé publique et des politiques publiques destinées à réduire les expositions. Méthodes de biosurveillance - Dans le cadre de cette étude, des échantillons d'urine et de sang ont été prélevés et analysés pour évaluer les concentrations en mercure inorganique et organique et en métabolites urinaires de pesticides organophosphorés et de pyréthrinoïdes (n=1 811). Résultats de la biosurveillance - Les niveaux du 95e percentile de mercure inorganique chez les personnes nées en République Dominicaine étaient les plus élevés, ce qui a pu être attribué principalement à l'utilisation de crèmes contenant du mercure, destinées à blanchir la peau, importées illégalement. Le niveau de mercure total était trois fois plus élevé à New York que dans le reste des États-Unis, avec des différences au sein de la population new-yorkaise essentiellement dues à des niveaux de consommation de poisson différents. Les expositions aux pesticides étaient de 4 à 14 fois plus élevées à New York que dans le reste des États-Unis. Mesures de politique publique et discussion - La biosurveillance a conduit la ville de New York à mener plusieurs actions, parmi lesquelles un embargo sur des produits, une prise en compte globale de la gestion du mercure dans le poisson par les autorités de la ville de New York, de l'État, et les autorités fédérales, avec des campagnes d'information destinées au public et aux professionnels de santé, des actions locales visant à réduire l'utilisation et la vente de pesticides. L'article présente également un cadre de réflexion pour expliquer comment et pourquoi les résultats de biosurveillance environnementale sont capables d'influencer les politiques publiques. (R.A.)

Auteur : Kass DE
Bulletin Epidémiologique Hebdomadaire, 2009, n°. Hors-série, p. 18-22