Santé environnementale : surveiller pour connaître et prévoir.

Publié le 22 Juin 2009
Mis à jour le 10 septembre 2019

Parmi les objectifs de la surveillance en épidémiologie, il arrive d'accorder une place prépondérante à l'acquisition de connaissances sans rechercher de manière prioritaire à détecter des épisodes groupés, finalité première de la surveillance à visée d'alerte. Appliquée au domaine de la santé environnementale, la surveillance épidémiologique fait appel à des méthodes classiques, ayant en commun une phase de recueil de données répétée : système de surveillance, enquête transversale répétée. En revanche, la complexité des interactions entre l'exposition et ses effets sanitaires (long délai d'apparition entre l'exposition à des polluants environnementaux et la survenue des événements de santé, faible part du risque attribuable et niveaux faibles d'exposition) conditionne les modalités de mise en oeuvre de cette surveillance. Dans la pratique, rares sont les dispositifs qui surveillent directement les effets sanitaires en lien avec une exposition environnementale (intoxications au monoxyde de carbone). La plupart des dispositifs mis en oeuvre dans le champ de la santé environnementale ont dû pallier cette difficulté en menant cette surveillance sur les milieux (air) ou à l'aide de biomarqueurs en tant indicateurs d'exposition (saturnisme) ou d'effet précoces de l'exposition. Les récents développements dans le domaine témoignent des orientations prises avec l'intensification de l'utilisation des biomarqueurs dans le cadre du programme de biosurveillance de l'InVS, le recours croissant à la mise en place d'études multi-objectifs reposant sur des moyens communs (Saturninf, Etude nationale nutrition santé (ENNS)) ou l'intégration d'une surveillance dès la conception de grands projets de recherche telle que la cohorte Elfe (Etude longitudinale française depuis l'enfance). (R.A.)

Auteur : Verrier A, Bretin P, Vandentorren S, Catelinois O, Frery N, Eilstein D
Bulletin Epidémiologique Hebdomadaire, 2009, n°. 27-28, p. 295-8