Les intoxications au monoxyde de carbone survenues en France métropolitaine en 2006

Publié le 18 Novembre 2008
Mis à jour le 10 septembre 2019

Afin de lutter contre les intoxications au monoxyde de carbone (CO), responsables chaque année d'une centaine de décès et de plusieurs milliers d'hospitalisation, un système national de surveillance des intoxications au CO a été mis en place afin d'alerter, d'estimer l'ampleur du phénomène, de décrire les circonstances de survenue, de caractériser les intoxiqués et d'évaluer les mesures de santé publique mises en place. Le système repose sur le signalement de personnes ayant eu connaissance de toute suspicion d'intoxication et s'appuie sur cinq questionnaires environnementaux et médicaux. En 2006, 1 682 intoxications au CO ont été déclarées, parmi lesquelles 76,9 % se sont produites entre les mois d'octobre et de mars. Les intoxications au CO accidentelles dans l'habitat (n=1 069) ont été associées dans 75,5 % des cas investigués (n=799) à la présence d'au moins un facteur favorisant, comme un problème d'aération, une utilisation inadaptée ou un défaut de l'appareil. Une enquête médicale a été menée auprès de 3 811 intoxiqués parmi 1 432 intoxications au CO (soit un taux de 6,2 intoxiqués pour 100 000 habitants). Pour 46,0 % des intoxiqués, aucun signe n'a été observé au moment du diagnostic. Les principaux signes observés ont été la céphalée (75,9 %), la nausée (39,9 %), le vertige (28,7 %). Une prise en charge médicale aux urgences a concerné 62,0 % des intoxiqués, une hospitalisation 32,1 % d'entre eux. Le système de surveillance des intoxications au CO, bien qu'il ait permis de caractériser les intoxications au CO sur l'ensemble du territoire métropolitain pour la première fois, doit évoluer pour mieux répondre aux objectifs d'alerte du système afin de mieux détecter des situations émergentes d'épisodes d'intoxications au CO. (R.A.)

Auteur : Verrier A, Corbeaux I, Lasalle JL, Corbel C, Fouilhe Sam-Lai N, de Baudouin C, Eilstein D
Bulletin Epidémiologique Hebdomadaire, 2008, n°. 44, p. 425-8