Proposition d'une méthode de repérage des postes de travail potentiellement exposant aux nano-objets, leurs agrégats ou agglomérats dans les entreprises mettant en oeuvre des nanomatériaux manufacturés

Publié le 1 Mars 2015
Mis à jour le 5 juillet 2019

Objectif : proposer une méthode opérationnelle pour identifier les travailleurs potentiellement exposés aux nano-objets manufacturés, leurs agrégats et agglomérats (NOAA) et caractériser leur exposition potentielle dans le dispositif de surveillance épidémiologique EpiNano. Méthode : la méthode a été conçue par un groupe de travail pluridisciplinaire. Elle repose sur une visite d'entreprise, guidée par un outil intitulé carnet d'observation technique (COT). Il permet de relever, dans un ordre logique, des éléments nécessaires au repérage et à la caractérisation des postes exposants, notamment les procédés mis en oeuvre, l'aéraulique des ateliers, les équipements de protection, les caractéristiques des NOAA à l'entrée et à la sortie du poste, les conditions de leur manipulation, de la tenue du poste et de sa maintenance. La méthode a été testée au sein de dix entreprises. À l'issue de chaque visite, un compte rendu de mission listant les postes potentiellement exposant aux NOAA était envoyé à l'entreprise visitée. La copie des informations informatisées du COT était jointe au compte rendu pour vérification et validation. Résultats : l'ensemble des comptes rendus des missions a été validé. Parmi les 53 postes observés, 30 (57 %) ont été classés potentiellement exposant, notamment les postes de synthèse, d'échantillonnage, de transfert et de fonctionnalisation des NOAA. La proportion de postes de travail potentiellement exposant aux NOAA était de 54 % dans les entreprises privées et de 60 % dans les entreprises publiques. De nombreux paramètres semblent déterminants dans le classement d'un poste de travail, notamment la pulvérulence et la teneur en humidité des NOAA. La connaissance de ces paramètres peut également servir dans l'application de l'approche de gestion graduée du risque, et par conséquent être utile à l'entreprise. Conclusion : cette méthode simple et non instrumentale (sans prélèvement et sans mesure de l'aérosol) conçue pour des épidémiologistes pourrait servir à l'ensemble des acteurs en santé et prévention au travail impliqués dans la gestion des risques liés aux nanomatériaux.

Auteur : Guseva Canu I, Ducamp S, Delabre L, Audignon Durand S, Ducros C, Durand C, Iwatsubo Y, Jezewski Serra D, Le Bihan O, Malard S, Radauceanu A, Reynier R, Ricaud M, Witschger O
Archives des Maladies Professionnelles et de l'Environnement, 2015