Confrontation des données du Programme national de surveillance du mésothéliome et du PMSI. Programme de médicalisation du système d'information. Rapport d'étude

Publié le 1 Septembre 2004
Mis à jour le 10 septembre 2019

Contexte et objectifs : Le Programme national de surveillance du mésothéliome (PNSM) a débuté en 1998. Ce programme a comme objectif principal l'estimation de l'incidence du mésothéliome de la plèvre et de son évolution dans la population française, ainsi que l'analyse des facteurs de risque professionnels et extraprofessionnels de cette pathologie. Le PNSM est basé sur un enregistrement " exhaustif " des cas de mésothéliome dans un certain nombre de départements français (17 en 1998, 21 en 2003). A partir de cet enregistrement, une estimation de l'incidence nationale est réalisée, grâce à une confrontation avec les données nationales de mortalité par cancer de la plèvre du CépiDc de l'INSERM. La base de données médico-administrative que constitue le Programme de médicalisation des systèmes d'information (PMSI) permet de connaître l'activité des établissements de soins publics et privés à travers un enregistrement des séjours hospitaliers. Au niveau national, une base de données agrégées est constituée de façon anonyme : la base des résumés de sortie anonymes (RSA), qui ne permet pas d'identifier les patients. Cette base de données, à couverture nationale, comporte des informations sur les diagnostics et les motifs d'hospitalisation pour chacun des séjours enregistrés, qui pourraient éventuellement permettre de compléter les informations recueillies habituellement pour effectuer des estimations d'incidence et de prévalence nationales. Le travail présenté ici s'est attaché à étudier la concordance entre les données enregistrées en 1998 et 1999 par les 17 premiers registres départementaux du mésothéliome du PNSM, à celles enregistrées dans les RSA du PMSI pour la même période et la même couverture géographique. Méthode : Une première étape a consisté à repérer dans la base PMSI d'éventuels séjours multiples pour les patients ayant eu un diagnostic évocateur de mésothéliome pleural et résidant dans les départements couverts par le PNSM. Une estimation du taux de cas prévalents enregistrés en 1999 dans cette base de données a également été effectuée. Les données du PMSI ont été croisées avec celles du PNSM. Compte tenu de la structure actuelle de la base de données nationale du PMSI ne permettant pas d'identification directe des patients, des appariements indirects ont été réalisés. Ces appariements ont été effectués dans un premier temps de la façon la plus stricte sur les critères disponibles (âge et commune de résidence), puis pour les sujets restants sur des critères plus larges (âge et département de résidence). Afin de valider l'ensemble de cette procédure, une validation individuelle par retour au dossier médical du patient a été effectuée dans un département (Loire-Atlantique) avec l'aide des Départements d'informatique médicale (DIM) des établissements concernés. Résultats : Malgré les difficultés, les méthodes de regroupement des éventuels séjours multiples pour un même patient ont été performantes, du fait, notamment de la rareté de cette pathologie : 506 cas éligibles ont été identifiés en 1998, dont 230 avec un diagnostic de mésothéliome pleural sur les 1263 séjours hospitaliers sélectionnés, et 474 éligibles dont 232 avec un diagnostic de mésothéliome sur les 1413 séjours de 1999. Parmi eux, le croisement avec les données du PNSM effectué de façon stricte sur la commune de résidence, a permis de retrouver 70 % des sujets dans le PMSI en 1998 et 68 % en 1999. Un élargissement de la recherche aux cas non certifiés sur le plan anatomopathologique du PNSM permet de retrouver respectivement 63 et 69 % des sujets dans le PMSI. La validation au cas par cas effectuée dans un département par retour au dossier du patient a porté sur 203 séjours hospitaliers. Elle a permis de vérifier que d'une part, la procédure de dédoublonnage des séjours avait été globalement satisfaisante, hormis un patient unique non repéré pour sexe erroné dans un des enregistrements du PMSI, et deux patients regroupés à tort en un seul du fait de la proximité de leur date de naissance. Le rapprochement avec les cas enregistrés dans le PNSM était excellent lorsque la ville de domicile était renseignée dans les deux bases de données ; lorsque cette donnée était manquante, huit fois sur dix le bon sujet se retrouvait parmi les combinaisons de rapprochement possibles. En outre, cette confrontation a permis de repérer 3 cas qui n'étaient pas connus du PNSM. Les diagnostics portés dans le PMSI étaient précis (mésothéliome pleural) pour 15 patients sur 18 cas certains du PNSM ; la concordance des diagnostics portés dans le PMSI par rapport aux dossiers médicaux montre une assez bonne adéquation, seule une faible proportion de séjours codés mésothéliome correspondant à des métastases pleurales. Par contre, une proportion non négligeable (près de 40 %) des séjours enregistrés dans le PMSI correspondait à des patients dont les diagnostics étaient connus antérieurement, c'est-à-dire à des cas prévalents. En l'état actuel, il ne semble pas raisonnable de s'appuyer sur le PMSI comme seule source de données d'estimation d'incidence du mésothéliome, notamment du fait de l'importance des cas prévalents enregistrés et des erreurs de codage des diagnostics. Le problème lié au dédoublonnage des séjours correspondant à un même patient devrait être résolu dans les années à venir par l'introduction d'un chaînage des séjours des patients. Par ailleurs, la consolidation des données nationales les rend disponibles au bout de deux ans. Néanmoins, il constitue une source d'informations complémentaires et devrait être consulté systématiquement et rapproché des données des registres de mésothéliome au niveau départemental de façon régulière. (R.A.)

Auteur : Geoffroy L
Année de publication : 2004
Pages : 32 p.