Sols

En France, plus de 6 500 sites et sols pollués liés au passé industriel sont recensés et interrogent quant à leur impact sur la santé, impliquant d’étudier les réponses adaptées.

Mis à jour le 03 juillet 2019

Sols : données

Les premières alertes sanitaires liées à des pollutions des sols industriels ont eu lieu au début des années 1980. Ce fut Love Canal et Woburn aux États-Unis, Montchanin en France et, plus récemment, les sites émetteurs de plomb et l’école Franklin Roosevelt à Vincennes. En dépit d’un nombre important de situations dégradées, les études épidémiologiques réalisées ont souvent été peu démonstratives en raison, notamment, de deux écueils majeurs que sont :

  • l’estimation difficile de l’exposition des populations aux polluants présents dans les sols contaminés
  • et la taille réduite des populations concernées lorsque l’on considère les sites séparément les uns des autres.

Les interrogations restent donc fortes sur le plan sanitaire. Pour contourner cette difficulté de la mesure de l’exposition, les travaux se sont principalement appuyés sur l’utilisation de la modélisation des transferts des polluants du sol vers les autres milieux, puis vers les populations, à travers des scénarios d’exposition plutôt majorants.

Les études menées sur les sols pollués ont montré des discordances entre ce que laissent présager des concentrations de ces métaux dans les sols, les prédictions des niveaux d’exposition qui en résultent et les mesures à l’aide de biomarqueurs. C’est le cas notamment pour le chrome, l’arsenic, le plomb et les hydrocarbures aromatiques polycycliques (HAP).

Aujourd’hui, aucune des méthodes disponibles ne permet de répondre de manière universelle. En fonction des composés impliqués et de la situation étudiée, il convient de choisir la plus appropriée d’entre elles.
De plus en plus souvent, les populations demandent des mesures biologiques, car elles souhaitent disposer d’une mesure réelle de leur exposition. Elles ont l’impression que ce type de mesures amène une réponse fiable et définitive sur les conséquences sanitaires des pollutions auxquelles elles sont soumises. Il est vrai que ces études quantifient la dose absorbée par l’organisme, mais bien souvent elles ne permettent pas de dégager la contribution des voies et des sources d’exposition, ni l’impact sur la santé.

Par ailleurs, les biomarqueurs utiles dans un contexte d’exposition aux polluants du sol n’existent que pour un nombre très limité de polluants et des valeurs de référence en population générale ont été élaborées en France uniquement pour certains polluants. Pour autant, si elles permettent de répondre à la question de la réalité de l’exposition de la population, elles ne doivent pas apparaître comme une modalité d’intervention systématique dans la gestion sanitaire des sites et des sols pollués.

Sur le sujet de sols pollués et de la dimension psychosociale que peut induire la gestion de ces situations, Santé publique France a rédigé une note visant à informer de sa position sur le sujet et présenter une synthèse des connaissances. Cette note est destinée :

  • Aux commanditaires et partenaires institutionnels de Santé publique France
  • Aux acteurs (riverains de sites pollués, professionnels de santé, associations, élus) qui sont confrontés à une situation de sol pollué.

Principales études locales sur des sols pollués de Santé Publique France :

Étude d'imprégnation en rapport avec certains sites miniers du Gard (30)

Contexte

Les communes gardoises de Saint Sébastien d’Aigrefeuille (site de Carnoulès) et de SaintFélix-de-Pallières, Thoiras et Tornac (site de la Croix de Pallières) ont hébergé une importante activité d’extraction de minerais métalliques et de traitement des dits minerais jusqu’au siècle dernier.
En réponse à des saisines de l’Agence régionale de santé (ARS) Languedoc-Roussillon sur les risques sanitaires encourus par les populations riveraines, Santé publique France a préconisé à la fin de l’année 2013, la réalisation de mesures d’imprégnation au sein des populations potentiellement exposées.

Chez les 23% des habitants concernés ayant participé à l’étude, les résultats montrent principalement :

  • Que près d’un quart des participants à l’étude (22 %) présentaient une imprégnation à l’arsenic supérieure à la valeur de référence établie en population générale et 12 % présentaient une imprégnation au cadmium supérieure à la valeur de référence établie en population générale. Cependant,
  • Si 3 cas de concentration en plomb dans le sang supérieure ou égale au seuil de vigilance (25 microgrammes par litre) ont été observés chez des enfants, les résultats ne montrent pas de différence notable avec la population générale concernant le plomb et aucun cas de saturnisme n’a été détecté.
  • La majorité des concentrations mesurées dans les sols des participants avoisinaient les concentrations habituellement mesurées dans les sols naturellement riches en métaux toutefois, certains jardins présentaient des concentrations très élevées (22 000 mg/kg pour le plomb, 950 mg/kg pour l’arsenic, 47,5 mg/kg pour le cadmium).
  • L’étude permet d’identifier des modes d’exposition spécifiques à la zone. Les niveaux d’imprégnation augmentent avec la durée de résidence et la consommation de certains aliments produits sur la zone (œufs, lapins, volailles, gibiers et champignons). Plus les concentrations dans les sols des jardins sont élevées, plus les niveaux d’imprégnation des participants sont importants. La consommation d’eau de puits, de forage ou de source individuels semble également augmenter les niveaux d’imprégnation. Les niveaux d’imprégnation sont moins élevés lors d’un passage plus fréquent de la serpillère humide à l’intérieur des logements. Enfin, les jeunes enfants portant souvent leurs mains ou des objets à la bouche présentent des niveaux d’imprégnation plus élevés.

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Étude sur l'autoconsommation des usagers des jardins familiaux du Fort d'Aubervilliers (93)

Les jardins familiaux de la périphérie du Fort d’Aubervilliers présentent une pollution modérée des sols en éléments traces métalliques. L’origine de cette pollution est probablement liée aux activités successives dans le Fort et dans les parcelles, et à la pollution automobile. Certains légumes présentent une pollution métallique (notamment en plomb, cadmium, cuivre). Cette situation posait la question de la compatibilité entre ces pollutions et les potagers, qui semblaient cultivés de façon intensive dans ces jardins.

En accord avec l’ARS et la sous-préfecture, Santé publique France Ile-de-France Champagne Ardenne a donc mis en place une enquête alimentaire pour identifier les familles concernées en vue d’un accompagnement spécifique par l’ARS. Cette étude constituait également l’occasion de recueillir des connaissances sur l’autoconsommation des adultes et les facteurs favorisant ce comportement et de décrire les bienfaits apportés par les jardins, afin d’apporter un éclairage sur l’analyse bénéfice/risque.

L’enquête alimentaire a été menée auprès de 60 jardiniers et a montré que :

  • Pour les enfants de jardinier, les résultats sont rassurants mais de portée limitée du fait du faible taux de participation.
  • Pour les adultes, l’importance de l’autoconsommation en pleine saison de récolte (86 % en moyenne) mais aussi l’hiver grâce aux stocks constitués a été confirmée, avec des pourcentages proches de ceux observés en milieu rural.
  • La forte autoconsommation (80 % et plus) est significativement liée au nombre d’espèces cultivées, au temps passé dans le jardin l’hiver et à l’ancienneté des potagers.
  • Les jardins ont un rôle important sur le bien-être de leurs occupants, en renforçant notamment de façon importante le lien social.

Aussi, au vu des connaissances disponibles, Santé publique France IdF CA a recommandé le maintien des jardins potagers du Fort d’Aubervilliers, avec un usage raisonné et responsable de ces jardins, ainsi que le maintien d’une vigilance pour les enfants.

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Étude de l’exposition à l’arsenic dans le bassin de Moselle et Madon en Lorraine (54)

Contexte

Des études environnementales, à l’origine de la découverte de l’arsenic naturel dans les sols du bassin de Moselle et Madon (54), ont été menées autour de l’aciérie de la SAM, dans le cadre des études systématiques menées autour des installations classées pour la protection de l’environnement par la Direction régionale de l’industrie de la recherche et de l’environnement. Ces études ont montré que les concentrations en arsenic correspondaient au fond géochimique naturel qui se caractérise par de fortes teneurs en arsenic d’origine naturelle, non liées à l’activité de l’aciérie.

Objectifs

Dans ce contexte, suite à une saisine de la préfecture en 2004 relayée par la Direction générale de la santé, Santé publique France a mis en place, en 2006, une étude d’exposition biologique de la population résidante du bassin de Moselle et Madon afin de :

  • Déterminer les niveaux d’arsenic urinaire de la population résidant sur le bassin de Moselle et Madon
  • Identifier les facteurs expliquant les niveaux d’arsenic urinaire mesurés.

Un dosage biologique de marqueurs de l’exposition à l’arsenic a été effectué chez les personnes volontaires (n=351).

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Étude de la pollution sur la commune de Saint-Laurent-le-Minier dans le Gard (30)

Contexte

La commune de Saint-Laurent-le-Minier dans le Gard (30) a été le siège d’une importante activité minière depuis l’Antiquité. Cette activité a cessé en 1995. En mars 2004, lors du projet de création d’un terrain de camping à Saint-Laurent-le-Minier, les études de sols commandées par le propriétaire privé ont mis en exergue la pollution du site par des métaux lourds. Suite à cela, le maire de la commune a diligenté une étude des risques et le préfet a demandé des analyses complémentaires pour évaluer le niveau éventuel de la contamination des produits alimentaires.

Les éléments disponibles faisaient apparaître :

  • Une forte contamination des sols en éléments inorganiques comme l’arsenic, l’antimoine, le cadmium et le plomb sur certains points où les investigations ont été menées
  • La suspicion de présence de produits et substances toxiques enfouies sous le "hameau de la papeterie" (lieu-dit)
  • L’existence d’une contamination de la chaîne alimentaire. Des concentrations de plomb et de cadmium jusqu’à dix fois la norme ont été retrouvées dans certains légumes cultivés sur place. Les analyses d’une source d’eau privée ont également fait apparaître une légère contamination de l’eau. En revanche, l’eau du réseau d’eau public est potable
  • Des niveaux de contamination hétérogènes sur le territoire. Ainsi, certaines exploitations agricoles se sont révélées saines, d’autres non.

Les mesures sanitaires pour la réduction des expositions des populations ont été prises par la commune, sur recommandation de la Cellule interrégionale d’épidémiologie et après la tenue d’une réunion publique à Saint-Laurent-le-Minier, le 10 février 2005. En mai 2005, une campagne de dépistage du saturnisme chez les enfants, les jeunes de moins de 18 ans et les femmes enceintes a été effectuée, sur la base du volontariat, pour les personnes résidant sur la commune.

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Étude de l’exposition au plomb, cadmium et à l’arsenic par des sols pollués en Aveyron (12)

Contexte

Une importante pollution au plomb, au cadmium et à l’arsenic est présente à Viviez (Aveyron), due à 150 ans d'activité industrielle. Cette pollution concerne les sols de surface des jardins privés, les cours d’eau et les fruits et légumes produits localement. En 2006, à la demande de la Direction départementale des affaires sanitaires et sociales (Ddass) de l’Aveyron et la Direction régionale des affaires sanitaires et sociales de Midi-Pyrénées, une démarche de santé publique a été menée par la Cellule interrégionale d'épidémiologie (Cire) Midi-Pyrénées afin d’évaluer les conséquences de cette pollution sur la santé des habitants, d’identifier les personnes nécessitant une prise en charge sanitaire, de mieux connaître l’exposition environnementale des habitants et ainsi d’orienter les recommandations.

Objectifs

La première étape de la démarche, s’apparentant à une démarche d’évaluation des risques sanitaires, a consisté à identifier les dangers (effets sanitaires) liés à ces polluants, à préciser les niveaux de pollution par une série de mesures environnementales sur la commune (sols, eau) et à estimer les risques d’apparition des dangers dans la population de Viviez. En parallèle, une recherche d’éventuels signaux sanitaires (excès de pathologies, mortalité) concernant les dangers identifiés a été entreprise auprès des professionnels de santé locaux et des sources d’information disponibles.
Les résultats de cette première étape étaient convergents pour indiquer que l’impact sanitaire de cette contamination environnementale sur la population était vraisemblable, sans toutefois pouvoir préciser son importance ni son lien avec l’environnement présent de Viviez. Une évaluation a donc été conduite en 2008 comprenant :

  • Un dépistage du saturnisme chez les enfants de moins de 7 ans et les femmes enceintes de Viviez, et une mesure de la cadmiurie chez tous les habitants, suivie d’un dépistage de l’atteinte rénale si celle-ci était supérieure à 1 µg/g de créatinine, afin d’identifier les personnes nécessitant une prise en charge sanitaire
  • Une étude d'imprégnation au cadmium et à l'arsenic afin d’évaluer si les habitants de Viviez étaient plus imprégnés que ceux d’une zone non exposée, d’identifier les facteurs liés à l’imprégnation et de pouvoir ainsi orienter des recommandations de santé publique.

Résultats

  • Le dépistage du saturnisme n’a pas permis d’identifier de cas, mais la participation a été faible.
  • En revanche, 136 adultes (23 %) avaient une cadmiurie supérieure au seuil sanitaire fixé à 1 µg/g de créatinine. Parmi ces personnes, 19 atteintes rénales ont été identifiées. Comparativement à la zone non exposée, les adultes de Viviez non exposés professionnellement avaient une cadmiurie et, dans une moindre mesure, une arsenicurie supérieure. L’analyse des facteurs environnementaux influençant l’imprégnation permettait de suggérer une exposition par ingestion de produits locaux et de poussières de sols pollués.
  • L’exposition environnementale à l’arsenic à Viviez n’engendrait pas une préoccupation sanitaire. En revanche, l’exposition au cadmium conduisait à une augmentation du risque d’atteinte rénale. Des mesures ont été proposées visant à supprimer ou réduire les expositions et à limiter les conséquences sanitaires.

Santé publique France a rendu publics les résultats définitifs de cette évaluation le 8 septembre 2011 à Viviez.

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Pertinence d’un dépistage du saturnisme et de mesures de l’imprégnation de la population en cadmium sur le secteur de Mortagne-du-Nord, Nord-Pas-de-Calais (59)

Contexte

À l’intersection des communes de Mortagne-du-Nord, Château-l’Abbaye et ThunSaint-Amand, dans le département du Nord, ont fonctionné pendant plus de 60 ans une fonderie de zinc et une usine d’acide sulfurique, ainsi qu’une fonderie de plomb pendant 6 ans. Bien que la dernière de ces usines soit fermée depuis 1968, une pollution en métaux lourds des sols et des sédiments est encore aujourd’hui présente sur le site des anciennes usines et dans les alentours. Les concentrations élevées du site en plomb, en zinc et en cadmium ont conduit à poser la question de la nécessité de réaliser des études d’imprégnation de la population à ces différents éléments.

Objectif

L’objectif était d’émettre un avis sur la pertinence d’un dépistage du saturnisme infantile et de mesures de l’imprégnation de la population en cadmium. Pour le plomb, par rapport au questionnement initial du ministère chargé de l’Environnement, l’objectif a donc été orienté sur le dépistage des enfants qui seraient surexposés.

Résultats

  • Pour le cadmium, l’exposition estimée d’une personne atteinte au maximum 33,4µg/j. Elle reste éloignée de la valeur toxicologique de référence qui est de 60 µg/j. L’exposition est donc acceptable. La mesure de l’imprégnation de la population en cadmium n’est pas pertinente.
  • Pour les enfants habitant la zone centrale de contamination, la distribution des plombémies montre que le dépassement de 100 µg/L serait possible. La probabilité de dépasser 100 µg/L varie entre 0,8 % et 6,3 % selon la biodisponibilité présumée du plomb. Elle est probablement encore surestimée. Au total, il n’apparaît pas pertinent d’organiser un dépistage systématique de la plombémie, dont l’efficacité serait très limitée.
  • La présence d’un habitat ancien et d’une exposition postindustrielle justifie d’informer et de sensibiliser les médecins généralistes et les pédiatres du secteur sur ces facteurs spécifiques du risque saturnin, afin qu’ils évaluent pour chaque enfant de 0 à 6 ans et pour les femmes enceintes de leur clientèle la pertinence de prescrire un dépistage individuel. Cette recommandation rejoint le "Guide pratique de l’intoxication au plomb chez l’enfant et la femme enceinte" qui conseille de rechercher les facteurs de risque à l’occasion des visites médicales.
  • La population doit également être informée du risque potentiel d’intoxication au plomb des enfants et des femmes enceintes. En particulier, elle devrait être informée du risque de contamination importante des jardins, comme cela a pu être mis en évidence pour certains jardins.

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Étude de la contamination des calanques de Marseille dans les Bouches du Rhône (13)

Contexte

Le littoral sud de Marseille a été le siège d’une activité industrielle importante au cours du XIXe siècle, qui a occasionné des pollutions des sols et du milieu marin. Le 15 juillet 2004, le préfet de la région Provence-Alpes-Côte d’Azur saisissait l’Institut de veille sanitaire (InVS) pour la réalisation d’une évaluation des risques sanitaires. Cette étude était confiée à la Cellule interrégionale d’épidémiologie Sud.

Objectif

L’objectif de cette étude de santé publique était d’apporter les éléments décisionnels nécessaires, d’un point de vue sanitaire, à la prise en charge environnementale et sanitaire de la population.
Une évaluation des risques sanitaires a été menée à partir des données existantes pour les deux polluants retrouvés en plus grande quantité dans l’environnement et dont les impacts sur la santé sont bien décrits dans la littérature : le plomb et l’arsenic. L’exposition de la population sur les sites les plus fréquentés de la zone polluée (zones de résidence et plages) et la consommation de moules et oursins pêchés sur cette zone du littoral ont été étudiées.

Résultats

Les principaux résultats de l’évaluation indiquent que les jeunes enfants qui résident sur le site de l’Escalette ou fréquentent la plage de Saména encourent un risque sanitaire, principalement dû à l’ingestion de terre ou de sable pollué. Les risques sanitaires concernent également la consommation par les adultes ou les enfants des oursins et des moules contaminés pêchés localement.
Ces résultats ont amené l’InVS à proposer des actions de santé publique destinées à une prise en charge médicale des populations et une réduction de leurs expositions :

  • Mise en place d’un dépistage du saturnisme infantile, au minimum sur la zone de l’Escalette (risque lié au plomb) et d’une information du corps médical local
  • Réhabilitation des sites pollués en priorisant les sites habités et fréquentés par des usagers
  • Fermeture de la plage de Saména s’il n’était pas possible de la dépolluer avant l’été 2005
  • Interdiction de pêche et de consommation des oursins, la pêche aux moules étant déjà interdite sur cette zone de la côte.

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Étude de l’exposition au plomb des enfants fréquentant le quartier de la Poudrette aux Pavillons-sous-bois en Seine-Saint-Denis (93)

Contexte

En 2002, des analyses réalisées sur la parcelle destinée à accueillir un nouvel établissement d’enseignement aux Pavillons-sous-Bois mettaient en évidence une pollution des sols, notamment par des éléments traces métalliques. Les parcelles adjacentes accueillaient un groupe scolaire de 245 élèves et une cité avec pelouses collectives de 215 résidents (dont la moitié d’enfants).
En 2003, les investigations complémentaires qui y furent menées ont confirmé la présence de remblais contaminés sur l’ensemble du quartier de "La Poudrette" et la pollution des sols superficiels par du plomb, de l’arsenic et du cadmium. Au printemps 2004, la situation était la suivante :

  • une pollution des sols généralisée sur le quartier, dont l’origine inconnue ne permettait pas de rechercher un exploitant comme interlocuteur ;
  • des usages avec une population sensible : école maternelle et primaire, communauté ROM sédentarisée avec un usage fréquent des pelouses collectives ;
  • une première estimation des risques sanitaires « inacceptables », suscitant inquiétudes et attentes fortes de la part des gestionnaires.

Prise en charge sanitaire des populations

  • En liaison étroite avec le préfet de la Seine-Saint-Denis, des mesures immédiates de protection ont été prises dès le mois de septembre 2003 par la ville des Pavillons-sous-Bois et l’office HLM. Des barrières ont été disposées en vue de prévenir l’accès aux espaces verts au sein de l’école et des habitations. Le maire des Pavillons-sous-Bois a pris des arrêtés municipaux interdisant l’accès à ces espaces, ainsi que la consommation de produits issus de jardins potagers de l’école et de l’OD HLM.
  • Parallèlement, en juin 2004, une campagne de dépistage de plombémie a été proposée pour les enfants habitant le site ou fréquentant le groupe scolaire. Son organisation, conduite par la Direction départementale des affaires sanitaires et sociales (Ddass), sera concertée avec la population concernée. Sur les 204 enfants dépistés, aucun n’a présenté de plombémie supérieure à 100 µg/l.

Investigations sanitaires

Afin de mieux connaître les facteurs d’exposition au plomb, une étude à l’aide d’un questionnaire a complété la connaissance des résultats de plombémies. Cette étude des facteurs d’exposition a mis en évidence une relation entre la fréquentation des pelouses extérieures et le niveau de plombémie, tandis que la scolarisation n’influençait pas le niveau de plombémie.
Début 2005, une étude d’imprégnation aux autres éléments traces retrouvés dans les sols, l’arsenic et le cadmium, a été proposée aux individus résidant ou travaillant sur la zone. Elle a été faiblement suivie et les résultats n’ont pas fait l’objet d’analyse statistique.

Conclusion

L’étude historique a relié cette pollution à l’activité d’une ancienne décharge d’ordures ménagères et suggéré l’apport de terres neutres sous l’école au moment de sa construction. Les niveaux de risques actualisés, intégrant l’ensemble des substances détectées et des voies d’exposition, étaient légèrement supérieurs à la valeur acceptable pour les effets à seuil pour les résidents de la cité.

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