Santé publique France publie deux rapports sur les sous-produits de la chloration de l’eau et le risque de cancer de la vessie

Santé publique France vient de publier deux rapports étudiant le lien entre les trihalométhanes (THM) et les cancers de la vessie en France. Le premier rapport est une évaluation quantitative d’impact sanitaire (EQIS) permettant d’établir la part attribuable des cancers de la vessie aux sous-produits de la chloration de l’eau. Le second, une étude écologique croisant des données des registres des cancers et les données d’exposition aux THM.

Le chlore sert à désinfecter l’eau et s’avère très efficace pour détruire les bactéries et les virus. Désinfecter l’eau est essentiel pour prévenir des maladies dont certaines peuvent être graves (hépatite A, dysenterie,….) voire mortelles : 361 000 enfants âgés de moins de cinq ans meurent chaque année de diarrhée selon le rapport sur l’eau publié récemment par l’OMS et l’UNICEF : 30 % de la population mondiale n’ont pas accès à l’eau potable et 60% ne disposent pas de services d’assainissement gérés en toute sécurité.

La chloration de l’eau est la méthode de désinfection des eaux potables la plus utilisée dans le monde dont la France. Le chlore utilisé pour désinfecter l’eau réagit avec des matières organiques d’origine naturelle déjà présentes dans les eaux traitées pour former les sous-produits de la chloration (SPC).

Les THM sont un groupe de substances chimiques parmi plus de 600 SPC aujourd’hui identifiés, les plus présents. Ce sont les seuls SPC réglementés en France, avec une limite de qualité fixée à 100µg/L.

Pour les THM, une relation exposition-risque publiée dans la littérature en 2011 permet de quantifier le risque de cancer de la vessie liée à une exposition aux THM chez l’homme.

Deux nouvelles études de Santé publique France ont porté sur les THM (indicateur d’une contamination en SPC) et les cancers de la vessie (indicateur sanitaire pour lequel une relation existe). Si la première étude ne permet pas d’affirmer avec un niveau de preuve suffisant le lien causal entre l’exposition aux THM et le cancer de la vessie, et que la nature écologique de la seconde étude en limite la portée, il n’en demeure pas moins que ces résultats sont cohérents avec les données de la littérature qui documente une association entre la concentration de THM dans les eaux destinées à la consommation, et le risque de cancer de la vessie.

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