Journée mondiale du diabète, 14 novembre 2016

A l’occasion de la Journée mondiale du diabète, le 14 novembre 2016, Santé publique France publie un numéro thématique du bulletin épidémiologique hebdomadaire (BEH) qui s’intéresse à l’évolution de la mortalité et de la surmortalité des personnes diabétiques sur la période 2002-2011 ainsi qu’aux déterminants de la mortalité dans cette population à partir des cohortes Entred (Echantillon national témoin représentatif des personnes diabétiques) 2001 et 2007.

Rappels de la maladie

Le diabète sucré est une affection métabolique, caractérisée par une hyperglycémie chronique (taux de sucre dans le sang trop élevé) liée à une déficience de la sécrétion ou de l’action de l’insuline, ou des deux. Il existe deux principales formes de diabète :

  • le type 1 survient essentiellement chez l’enfant ou l’adulte jeune (environ 6 % des cas de diabète) ;
  • le type 2, qui est la forme la plus fréquente (environ 92 %), survient essentiellement chez l’adulte mais peut apparaître également dès l’adolescence.

Il existe d’autres formes de diabète, comme le diabète gestationnel (qui survient pendant la grossesse et disparait en général à l’accouchement), ou des cas de diabète résultant de conditions spécifiques ou génétiques.

Le diabète de type 2 peut évoluer sans symptôme pendant plusieurs années. Son dépistage est réalisé à jeun par une prise de sang qui permet de mesurer la glycémie. Une valeur anormale (supérieure à 1,26 g/l ou 7 mmol/l) doit être confirmée par un second dosage. Le diabète de type 2 peut être traité par régime diététique seul, par médicament antidiabétique oral et/ou par injections d’insuline. Au cours de son évolution, le diabète peut engendrer de graves complications touchant le cœur, les vaisseaux sanguins, les yeux, les reins et les nerfs. Toutefois, un bon contrôle de la maladie peut permettre de réduire considérablement les risques de complications.

Chiffres et résultats clés

Depuis 2002, Santé publique France a mis en place un système de surveillance épidémiologique du diabète visant à produire des informations sur la fréquence, la gravité et l’évolution du diabète en France.

Plus de 3 millions de personnes sont traitées par médicament (antidiabétiques oraux et/ou insuline) pour un diabète en France.

La mortalité globale des personnes diabétiques âgées de 45 ans et plus traitées par médicament a diminué entre les périodes 01/2002-12/2006 et 08/2007-07/2012 de 26 % chez les hommes et 11 % chez les femmes. Cette diminution est essentiellement due à la baisse de la mortalité par maladies cardiovasculaires, complications majeures du diabète.

L’excès de mortalité par rapport à la population générale reste élevé sur la période 2007-2012 pour les hommes (+34 %) comme pour les femmes (+51 %). L’excès de mortalité a diminué entre les deux périodes pour les hommes (+53 % sur la période 2002-2006) mais est resté stable pour les femmes (+57 %). Contrairement à ce que l’on observe chez les hommes, l’excès de mortalité par maladie cardiovasculaire ne diminue pas chez les femmes entre les deux périodes (+68 % sur le période 2002-2007 versus +74 % sur la période 2007-2012). Il reste élevé pour les hommes sur la période la plus récente (+41 %).

Les hommes comme les femmes diabétiques âgés de 45 ans et plus inclus dans la cohorte Entred 2001 ont un excès de mortalité à 10 ans, par rapport à la population générale, par maladies cardiovasculaires et rénales ainsi que pour certaines localisations de cancer : pancréas, foie et côlon-rectum. Chez les femmes on observe une surmortalité par cancer de l’utérus et chez les hommes par cancer de la vessie et leucémie. De plus, la surmortalité est plus élevée pour les deux sexes pour les maladies de l’appareil digestif, les maladies infectieuses et les maladies respiratoires dont les pneumopathies. L’ensemble de ces résultats est en concordance avec ceux de la littérature.

Outre les déterminants bien connus de la mortalité que sont le sexe masculin et la gravité de la maladie, les cohortes Entred ont mis en évidence, chez les personnes diabétiques de type 2,  une association entre la mortalité et le niveau socio-économique ainsi qu’avec  des déterminants modifiables : obésité, obésité morbide, consommation de tabac, consommation d’alcool et retard au diagnostic.

L’ensemble de ces résultats rappellent l’importance de la prévention, qui doit passer par une éducation thérapeutique adaptée, afin de modifier le mode de vie des personnes diabétiques de type 2 et d’améliorer la prise en charge des complications, en particulier des complications cardiovasculaires.

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