Hospitalisations pour brûlures en France : dans 9 cas sur 10, les brûlures sont accidentelles

Dans le cadre de ses missions de surveillance, Santé publique France analyse les caractéristiques des patients hospitalisés pour brûlures et publie une synthèse des résultats de ce travail pour l’année 2014 ainsi qu’un bilan de l’évolution de ces données depuis 2009 assortis de quelques recommandations de prévention.

Sont considérées comme graves, les brûlures couvrant au moins 20 % de la surface du corps chez les enfants de moins de 5 ans, au moins 30 % au-delà de 5 ans, ou encore présentes au niveau des voies respiratoires. Quelles soient accidentelles (dans un cadre domestique ou de travail) ou volontaires (agressions, tentatives de suicide, etc.), de telles brûlures sont à l’origine de séquelles physiques et psychologiques pour les victimes et leur entourage et leur traitement nécessite le plus souvent des moyens très coûteux. Les brûlures sont pourtant le plus souvent évitables par l’adoption de règles de prudence simples à l’échelle individuelle ou par l’instauration d’un cadre réglementaire/législatif protecteur. Le préalable indispensable à toute mesure de prévention est la connaissance précise de leurs circonstances de survenue et des profils des victimes.

Points clés à retenir :

  • 8 120 personnes hospitalisées pour brûlure en France métropolitaine en 2014
  • ce sont majoritairement des hommes (5 099 versus 3 021 de femmes)
  • les enfants de moins de 5 ans sont les plus touchés et représentent plus du quart des personnes hospitalisés (28,8 %)
  • les brûlures sont majoritairement accidentelles (93,7% des patients) et principalement causées par contact avec des liquides chauds : première cause de brûlure chez les 0-4 ans et les 5-14 ans et la première cause chez les femmes toutes classes d’âges confondues après 14 ans
  • l’exposition aux « feu, flammes, fumée » est la première cause de brûlure chez les hommes de 15 ans et plus
  • le contact avec des solides chauds est la deuxième cause de brûlure chez les enfants de 0 à 4 ans
  • 190 personnes sont décédées à l’hôpital à la suite de brûlures en 2014

Évolution entre 2009 et 2014 : une tendance à la baisse

Sur la période 2009-2014, une baisse de l’incidence est constatée (13,8 pour 100 000 en 2009 contre 12,3 pour 100 000 en 2014). Cette baisse, principalement chez les hommes, survenue dans le cadre de la mise en place en France de diverses actions de prévention telles que la réduction de la température maximale de l’eau chaude du robinet ou l’obligation d’installation de détecteurs avertisseurs autonomes de fumée.

Les résultats des analyses montrent qu’il faut aller plus loin en matière de prévention des brûlures puisque le nombre de patients hospitalisés pour brûlure reste élevé. L’amélioration de la prévention des brûlures en France passe par la consolidation des mesures existantes et leur extension à certains risques peu ou pas pris en compte. La production régulière d’indicateurs de fréquence et de gravité des brûlures entraînant une hospitalisation, de circonstances et de causes de leur survenue, est indispensable pour définir des actions de prévention. Des enquêtes spécifiques visant à caractériser finement les causes de survenue des brûlures (par type de produits), ainsi que les profils des victimes (caractéristiques socio-économiques, état de santé, habitudes de consommation, environnement, etc.) sont nécessaires afin de compléter ces données hospitalières. 

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