Baromètre santé 2014 dans les départements d'outre-mer : état des lieux de la consommation d'alcool

Quelles sont les boissons alcoolisées privilégiées dans les DOM ? Boit-on plus en outre-mer qu’en métropole ? Les hommes y sont-ils de plus gros buveurs que les femmes ? Assiste-t-on à une uniformisation des pratiques ? Santé publique France publie un nouveau chapitre de l’enquête Baromètre santé DOM 2014 dont les résultats permettent de faire le point sur les caractéristiques de la consommation d’alcool déclarée des populations résidant dans les départements d’outre-mer (DOM).

Le Baromètre santé DOM 2014 a été réalisé auprès d’un échantillon d’environ 8 000 personnes âgées de 15 à 75 ans. Il permet de disposer pour la première fois d’indicateurs comparables entre les DOM* et la métropole (niveaux de consommation, types de boissons, ivresses, consommation des jeunes adultes, etc.). Ces données constituent le premier élément d’un diagnostic territorial visant à construire une stratégie de réduction des consommations nocives d’alcool dans les DOM.

La consommation d’alcool dans les DOM est moins importante qu’en métropole

Dans les DOM, comme en France métropolitaine, l’alcool est la substance psychoactive la plus répandue. Quatre personnes sur cinq déclarent avoir consommé des boissons alcoolisées au cours des 12 derniers mois. La consommation quotidienne ou hebdomadaire est moins importante dans les DOM qu’en métropole. On compte 35 % de buveurs hebdomadaires dans les DOM contre 48 % en métropole et deux fois moins de consommateurs quotidiens (5 % vs 10 %). Ces différences peuvent s’expliquer par une consommation bien moins importante de vin dans les territoires ultramarins. La consommation hebdomadaire y varie de 15 % à 20 % de la population, alors qu’elle concerne 37 % des habitants de l’Hexagone.

Les hommes privilégient la bière puis le vin et les alcools forts, consommés à des niveaux équivalents. Les femmes préfèrent le vin (comme en métropole), sauf en Guyane où la bière est davantage consommée. La consommation quotidienne d’alcools forts est significativement plus importante aux Antilles (>2 %) et à La Réunion (1,1 %) qu’en métropole (0,7 %).

Les jeunes et l’alcool

Parmi les jeunes de 17 ans, 5 % des Réunionnais, 7 % des Guadeloupéens, 9 % des Martiniquais et 12 % des métropolitains sont concernés par l’usage régulier d’alcool (usage correspondant à 10 consommations ou plus dans le mois) en 2014. Dans tous les DOM, les épisodes d’ivresses sont moins fréquents qu’en métropole et les étudiants et jeunes de 17 ans s’alcoolisent moins fréquemment que leurs homologues de l’Hexagone.

Les hommes consomment plus d’alcool que les femmes

Dans les DOM comme en métropole, les hommes consomment plus d’alcool que les femmes mais la différence de niveaux de consommations d’alcool est plus importante dans les territoires ultramarins, particulièrement en Martinique. Cette différence pourrait s’expliquer par le rôle central des femmes dans les structures familiales antillaises et par l’existence d’une socialisation distinguant réputation masculine et respectabilité féminine. Le contexte économique défavorable des DOM, conjugué aux fortes inégalités sociales peut également expliquer ces écarts.

A quoi sert le baromètre santé ?

La mise en œuvre d’une politique de santé publique cohérente et efficace passe par une meilleure appréhension des comportements de santé. Depuis plusieurs années, Santé publique France mène des enquêtes appelées ‘Baromètre santé’ qui ont pour objectif de décrire les comportements, attitudes et perceptions de santé de la population française. Elles ont pour objectif d’orienter les politiques de prévention et d’information de la population.

Ce nouveau chapitre complète les premiers résultats publiés en 2015, ainsi que des analyses spécifiques sur le tabac et le sentiment d’information. De nouveaux chapitres sur la maladie d’Alzheimer, la santé perçue et la santé mentale seront publiés courant 2017.

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