Un élargissement de l’obligation vaccinale à 11 maladies pour mieux protéger les plus jeunes

La vaccination protège les enfants contre des maladies infectieuses dont certaines sont sévères et mortelles. Pourtant, certains niveaux de couvertures vaccinales n’atteignent pas l’objectif de 95 % fixé par l’Organisation mondiale de la Santé pour empêcher la transmission des maladies. Dans ses missions, Santé publique France réalise des enquêtes et des expertises sur l’adhésion à la vaccination, les niveaux de couverture vaccinale et les données épidémiologiques. Elle met aujourd’hui en ligne un dossier pédagogique qui en présente les principaux enseignements. Il ressort de ces études que l’obligation vaccinale est non seulement un repère pour les parents, mais qu’elle procède d’une influence positive sur la couverture vaccinale des enfants.

L’obligation vaccinale, un repère pour les parents

Le dernier Baromètre santé1 réalisé en 2016 par Santé publique France interroge les Français sur leur perception et leurs connaissances vis-à-vis des vaccinations. Il en résulte que 3 personnes sur 4 déclarent être favorables à la vaccination en général. Si l’adhésion à la vaccination a augmenté depuis 2010, elle n’atteint pas le niveau de plus de 90 % observé jusqu’à la fin des années 2000.

L’enquête propose également un éclairage sur l’attitude des parents d’enfants de 1 à 15 ans en cas de levée de l’obligation vaccinale. Il est observé que plus de de la moitié d’entre eux continueraient à faire vacciner leur enfant, que près d’un tiers le ferait « probablement » et que près de 13 % ne vaccineraient probablement ou certainement pas leur enfant.

L’influence positive de l’obligation sur la couverture vaccinale des enfants

Le calendrier vaccinal actualisé chaque année présente les recommandations officielles pour les vaccinations de l’enfant. Selon les données de couverture vaccinale de l’année 2016, une influence positive de l’obligation vaccinale est observée sur les niveaux de couvertures vaccinales.

Les couvertures vaccinales élevées et atteignant les objectifs de santé publique (au moins 95 % à 24 mois) concernent les vaccinations :

  • obligatoires ;
  • celles administrés au sein de combinaisons incluant les valences obligatoires et recommandées. C’est le cas des vaccinations contre la coqueluche et l’Haemophilus influenzae de type b. Dans une moindre mesure, l’usage du vaccin hexavalent, combinant vaccinations obligatoires et contre l’hépatite B, a induit une hausse de la couverture vaccinale pour l’hépatite B ;
  • recommandées et pouvant être administrées le même jour qu’une vaccination obligatoire, c’est le cas du vaccin contre le pneumocoque dont la couverture se rapproche de l’objectif de 95 %.

Les couvertures vaccinales les plus faibles concernent les vaccins administrés selon un calendrier vaccinal différent de celui des vaccins obligatoires. C’est le cas de la vaccination contre la rougeole, les oreillons et la rubéole, qui bénéficie d’une couverture de 90,5 % pour la 1re dose et de 78,8 % pour la seconde dose. De même, la vaccination contre le méningocoque C atteint une couverture vaccinale de 70,9 %.

La décision d’élargir l’obligation vaccinale à 11 maladies ne modifie pas le calendrier vaccinal. Près de 70 % des enfants reçoivent déjà l’ensemble des vaccins inscrits dans le calendrier vaccinal.

Objectif 95 % pour mieux protéger les Français

Certaines couvertures vaccinales insuffisantes ne permettent pas à ce jour de protéger efficacement l’ensemble de la population non immunisée, en particulier les nourrissons trop jeunes pour être vaccinés et les personnes ayant une contre-indication médicale à la vaccination (essentiellement les personnes immunodéprimés). En conséquence, des complications et des décès attribués à des maladies à prévention vaccinale (rougeole, méningite C, coqueluche) sont régulièrement observés. Ces événements pourraient facilement être évités grâce à la vaccination et à une couverture vaccinale supérieure à 95 %.

Pour en savoir plus, rendez-vous sur vaccination-info-service.fr, le site référent sur les vaccinations